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L’état civil au Sénégal : problématique et enjeux

Kédougou a été choisi cette année pour lancer les activités de l’édition 2015 de la Semaine Nationale de l’Ecole de Base (SNEB) du 1er au _08 juin . Ce choix n’est guère fortuit. D’après la COSYDEP (Coalition des Organisations en Synergie pour la Défense de l’Education Publique), dans les localités de Matam, Kédougou et Tamba, il y a environ 5000 élèves qui risquent de ne pouvoir passer l’examen d’entrée en 6ème, parce que ne disposant pas d’acte de naissance. Au delà de ces trois localités, l’UNICEF évalue à 50000 (cinquante mille), le nombre d’apprenants qui ne disposeraient pas d’état civil, sur toute l’étendue du territoire national. C’est dire que c’est une question d’une brûlante actualité et qui interpelle toute la nation, d’où le thème de la SNEB de cette année : «L’état civil au Sénégal : problématique et bonnes pratiques. »
En Afrique, malgré les efforts visant à promouvoir la déclaration universelle des naissances, la déclaration de tous les enfants à la naissance demeure un défi colossal.
La Convention internationale des Droits de l’Enfant a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations- unies, le 20 novembre 1989. Entrée en vigueur le 02 septembre 1990, elle a été ratifiée par le Sénégal, le 31 juillet 1990. C’est dire qu’au plan juridique, des instruments existent et qui insistent sur la nécessité d’accorder une protection spéciale à l’enfant défini comme « tout être humain de moins de dix huit ans » (sauf si la loi nationale accorde la majorité plus tôt). Entre autres instruments, on peut citer la Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant de 1924, la Déclaration Universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948 ; le Pacte international relatif aux droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, la Charte africaine sur les droits et le bien être de l’enfant…
Tous ces instruments juridiques reconnaissent à tout enfant, sans exception, un certain nombre de droits inaliénables, et l’obligation pour tout Etat, de protéger l’enfant contre toute forme de discrimination, en prenant des mesures positives pour favoriser le respect de ses droits. L’enfant, en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle, a besoin d’une protection spéciale, notamment d’une protection judiciaire appropriée, avant comme après la naissance.
Parce qu’il n’a pas demandé à naître, tout enfant qui vient au monde doit être enregistré dés sa naissance, avoir un nom et acquérir une nationalité, et dans la mesure du possible, connaitre ses parents et être élevé par eux.
Dans le monde d’aujourd’hui, marqué par l’éclosion du savoir devenu une force productive directe qui détermine le niveau de développement d’un pays dans tous les domaines, il est inacceptable que des enfants viennent jusqu’en classe de CM2, sans disposer d’actes d’état civil. Or l’état civil, pour tout être humain, constitue son premier acte d’identification, qui va de la naissance à la mort. C’est dire que la question de l’identité est fondamentale en ce qu’elle accompagne l’individu dans tous les actes de la vie. Pour avoir une carte nationale d’identité la personne doit d’abord produire un acte d’état civil. C’est la carte nationale d’identité qui lui permet de pouvoir disposer d’autres pièces telles que le permis de conduire, le livret militaire, le passeport… Même pour enterrer un individu dans un cimetière, l’identité de cette dernière doit être déclinée à travers la production d’un permis d’inhumer.
C’est dire que l’enregistrement officiel de la naissance est un droit humain fondamental et un moyen essentiel de protection de son identité. La déclaration de naissance, constitue la preuve formelle de l’existence de l’enfant et contribue à le protéger contre la vulnérabilité, l’exploitation et les abus de toutes sortes, surtout au sein des groupes marginalisés. Bien plus, elle ouvre à l’enfant la porte pour l’accès aux soins de santé, à l’éducation et à de nombreux services sociaux de base. Elle contribue aussi à l’égalité des genres et à l’égalité de traitement entre les garçons et les filles.
Mais au delà de la tragique question scolaire que l’enquête de la COSYDEP a le mérite de révéler, parce que risquant de frapper injustement des milliers d’élèves des localités les plus défavorisées, l’enregistrement des naissances pose une problématique qui interpelle l’Etat. La maîtrise de l’état civil est une question d’enjeu national capital, car elle conditionne les facteurs qui influent sur le développement économique et social. Tout pays a besoin de disposer de données démographiques fiables. Celles-ci permettent d’élaborer une politique de planification stratégique à court, moyen et long terme. Sans la maîtrise de ces données, il ne saurait y avoir de visibilité et de lisibilité dans la mise en œuvre des politiques, projets et programmes de développement.
De façon plus fondamentale, l’enregistrement à la naissance pose la question de la citoyenneté active et participative, qui fait de l’enfant d’aujourd’hui le citoyen de demain pleinement conscient de ses responsabilités et de ses devoirs et apte à apporter sa contribution à la construction de la nation. Comme le fait observer l’article 29 de la Convention Internationale des droits de l’enfant : « L’éducation doit viser à favoriser l’épanouissement de la personnalité de l’enfant, le développement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques dans toute la mesure de ses potentialités. Elle doit préparer l’enfant à une vie adulte active dans une société libre et encourager en lui le respect de ses parents, de son identité, de sa langue et de ses valeurs culturelles, ainsi que de la culture et des valeurs d’autrui. »
C’est ici le lieu de se féliciter des nombreuses et multiformes initiatives d’acteurs et partenaires engagés dans la protection de l’enfance et acquis à la cause de l’éducation, pour relever les défis liés à la déclaration des naissances , par une appropriation nationale et communautaire, en vue de sa prise en charge efficace, systématique et pérenne. Parmi les actions alternatives qui complètent celles de l’Etat et des collectivités locales, on peut citer :
• La déclaration des naissances via le téléphone mobile, avec l’ONG Aide et Action international qui intervient dans la région de Kolda, et qui a fait 100% des naissances déclarées dans les villages concernés.
• L’organisation « Education et Développement de l’enfant »(EDEN), qui a mené en 2009 dans la banlieue de Dakar une campagne pour l’enregistrement des naissances dans 10 (dix) collectivités locales.
• L’association sénégalaise de coopération décentralisée (A.SE.CO.D) et la Fondation Konrad Adenauer, qui ont lancé une Bande dessinée éducative de 12 pages Afrique Citoyenne sur le thème « Etat civil : l’utilité de la déclaration de naissance ».
• L’enregistrement des naissances à base communautaire réalisé par world Vision à Vélingara et Kolda, et qui a réalisé une étude juridique des textes et lois en matière d’état civil, en relation avec le Tribunal Régional de Kolda .
• Les Comités de Gestion Communautaire (CGC) établis dans les communautés partenaires de l’ONG Tostan, et qui se sont illustrés par les efforts entrepris pour faciliter, encourager et accroître les taux d’enregistrement des enfants à la naissance.
• Les cahiers des gouvernements scolaires (l’enfant pour l’enfant) avec la COSYDEP, qui ont fortement contribué à développer un sentiment d’appartenance à une communauté dans laquelle l’enfant a un rôle déterminant à jouer, avec le signalement dans les cahiers d’école des cas d’élèves sans pièces d’état civil par les gouvernements mis en place avec l’appui de la coalition.
Toutes ces expériences et bonnes pratiques ont le mérite de contribuer à la protection de l’enfance à travers l’effectivité du respect de ses droits, de sa participation citoyenne et civique à la vie de la nation, permettant ainsi, selon la COSYDEP de « garantir la pérennité des actions, afin que la déclaration des naissances devienne un réflexe, un devoir sacré chez tous les parents ».
C’est ici le lieu de saluer l’initiative de CHILDFUND Sénégal, organisation pionnière et militante de premier plan pour le développement de la petite enfance, qui vient d’apporter un soutien substantiel pour la tenue d’un important atelier du RENADPE (Réseau National des Acteurs pour le Développement de la Petite Enfance), du 03 au O5 juin 2015, à Saly.
Au cours de cet atelier, un groupe de travail s’est penché sur la problématique de l’état civil dans le contexte de la SNEB avec les risques d’exclusion qui planent sur des milliers d’élèves non enregistrés à l’état civil dans les localités de Matam, Kédougou et Tamba. Une des conclusions majeures de l’atelier du RENADPE, c’est de créer dans notre pays, les conditions d’une vaste et formidable mobilisation populaire de toutes les couches, catégories et segments de la population, pour prendre à bras le corps la question de l’enregistrement à la naissance de tous les enfants du Sénégal. Pour les milliers d’apprenants non enregistrés, avant même qu’ils n’arrivent en classe d’examen, le RESAU suggère l’intensification et la multiplication des audiences foraines, surtout en milieu rural où le phénomène de non enregistrement des naissances est le plus accentué.
Dans cette perspective, les collectivités locales ont un rôle de premier plan à jouer dans la matérialisation de ce puissant consensus national autour des enjeux et défis de l’état civil. L’acte III de la décentralisation a créé des conditions plus favorables avec la territorialisation des politiques publiques et la communalisation intégrale qui a supprimé les communautés rurales, érigées en communes de plein exercice. Les maires des 557 communes que compte notre pays et qui jouissent du statut d’officier d’état civil, peuvent jouer un rôle essentiel, dans la mobilisation de tous les acteurs locaux dans leur territoire, pour conduire jusqu’à son terme la croisade contre le non enregistrement des naissances, afin que d’ici une brève échéance, ce fléau ne soit plus qu’un vieux souvenir. C’est à cette condition seulement que notre pays pourra disposer de statistiques démographiques fiables permettant d’élaborer des plans de développement stratégique à long terme, susceptibles de le propulser sur la rampe de l’émergence à l’horizon 2035, qui est celui du Plan Sénégal Emergent (PSE).
Dakar le 06 juin 2015
Ousmane BADIANE
Ancien 1er Vice-Président du Conseil Régional de Dakar
Conseiller municipal à Grand Dakar
Source : http://www.dakaractu.com

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La Journée de l’Enfant Africain (JEA) 2015 célébrée en grande pompe au Nyumakele.

La Journée de l’Enfant Africain a été célébrée ce mardi 16 juin partout en Afrique. Aux Comores, la cérémonie officielle a eu lieu à DAGI dans le Nyumakelé où plus de 2000 personnes ont pris part à cette commémoration. C’était l’occasion pour le vice président chargé de la santé Dr Fouad MHADJI de faire un état des lieux sur la situation démographique des enfants dans l’archipel. Aux Comores les enfants représentent 47% de la population totale avec une représentation différenciée au niveau insulaire : A Mohéli un habitant sur 2 a moins de 18 ans tandis que cette proportion a atteint 53,2% à Anjouan contre 41% à Ngazidja. S’agissant des mariages précoces, une enquête démographique et de santé à indicateurs multiples réalisée en 2012 aux Comores montre que trois femmes sur dix soit 31% entrent en union relativement tôt, atteignant l’âge de 18 ans. Les enfants de cinq différentes écoles du Nyumakelé ont vibré le stade de DAGI par des sketches de sensibilisation sur les mariages précoces.
C’est sous un soleil plus ou moins brillant que le stade de DAGI a accueilli la cérémonie de la JEA 2015. La mobilisation était au rendez-vous avec une représentation active de toutes les localités du Nyumakele. La journée est célébrée d’habitude dans le Nyumakelé à la même date par l’ONG Maeecha depuis 2008. La particularité de cette année revêt double sens. D’une part la présence des autorités de l’Union et insulaires montre combien une fois cette journée est prise au sérieux par les gouvernants. Cette décision des autorités de la célébrer au Nyumakelé ne fait que renforcer et valoriser les actions de Maeecha dans cette région la plus pauvre des Comores. Et d’autre part, les partenaires techniques et financiers se sont rendus compte du savoir faire Maeecha, sa force de mobiliser et sensibiliser les populations autour des thématiques qui concernent l’enfant comorien.

Une journée riche en expression
Le directeur pays Bureau International du Travail (BIT) n’a pas caché son enthousiasme de voir les enfants s’exprimer sur le thème retenu cette année « Accélérons nos efforts pour éliminer les mariages des enfants en Afrique». « Les sketches des enfants, nous interpellent, nous disent combien il est important d’écouter les enfants, combien il est important de remettre en cause certaines pratiques des traditions qui ne sont plus adaptées au goût et au besoin du contexte actuel »a-t-il affirmé.
De son coté le représentant résident du système des Nations Unies se félicite du travail fait par la société civile pour sensibiliser les populations sur le fléau des mariages précoces. « La journée est une opportunité pour se concentrer sur le travail de tous les acteurs dévoués au droit de l’enfant afin de consolider leurs actions et leurs efforts dans la lutte contre les obstacles à la réalisation de ses droits ». La législation comorienne est claire sur l’âge légal du mariage. « L’article 14 du code de la famille de l’Union des Comores fixe à 18 ans l’âge légal du mariage pour homme et femme (…). Néanmoins dans la pratique cette disposition n’est pas respectée. Plusieurs mineurs notamment des jeunes filles, sont mariés par des adultes sans motifs graves et légitimes » a-t-il regretté.
Quand au vice-président chargé de la santé, il a tenu à remercier l’ONG Maeecha pour ses efforts dans la protection des enfants. Son intervention dans le Nyumakalé est beaucoup plus significative. Il a appelé la société civile à doubler les énergies à des actions concrètes sur le terrain. Il a en outre énuméré quelques conséquences du mariage précoce « le mariage précoce peut effectivement avoir des conséquences tout à fait préjudiciables pour ces enfants puisque une fois mariée ces filles ne vont jamais à l’école. Elles abandonnent pour les taches ménagères et parallèlement elles font face à d’énormes problèmes de santé avec des grossesses prématurées qui élèvent le taux de mortalité infantile et une exposition aux infections sexuellement transmissible y compris le VIH SIDA » a-t-il déclaré.

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Témoignages des victimes
Le moment le plus fort de cette manifestation est la prise de parole pour témoignage des personnes victimes desmariages précoces. Tour à tour, deux femmes, un jeune homme et un maître coranique ont exprimé leur regret et raconté leur calvaire d’avoir été victimes de cet acte qu’ils qualifient de criminel. Boeni Dhahabou originaire de Mrémani, n’est pas allée par quatre chemins pour raconter son histoire la plus tragique de sa vie « j’étais mariée de force à l’âge de 11 ans. Je ne comprenais même pas ce qu’est ce que le mariage. Aujourd’hui j’ai 49 ans avec plusieurs enfants. Je prie à Dieu d’épargner cela à mes enfants, à mes proches et à tous les enfants. Ce n’est pas une bonne chose, luttons tous contre ces pariages précoces par ce qu’on ne connait pas les difficultés auxquelles sont confrontés ces enfants en début du mariage ».
De même Abdoulmalik Amroine, originaire de Chinounda s’est marié à l’âge de 16 ans en classe de première actuellement avec deux enfants. Il a adressé un message aux enfants afin de ne pas faire comme lui « J’ai des difficultés à les élever et à subvenir à leurs besoins et celle de ma femme. Ce sont mes parents qui s’en occupent. Je lance un message à tous les enfants de ne pas faire comme moi et suivre normalement leur cursus scolaire ».
Ibrahim Combo, un maître coranique enseignant les enfants. Il est aussi père de 6 enfants dont une fille qu’il a faite marier à un âge trop bas. « Je n’arrive pas à dormir très bien et je pense aux difficultés auxquelles ma fille est confrontée suite à ce mariage. Je lance un appel aux oulémas et aux cadis de lutter contre cette pratique non conforme à la tradition du prophète » s’est-il-indigné.
Remise des attestations des apprentis du CIPM
Le Centre d’Initiation et d’Insertion Professionnelle de Maeecha (CIPM) a profité de cette cérémonie pour la remise des attestations de la première promotion depuis son ouverture en 2014. Le ministre de l’Enseignement Professionnel et de l’Emploi, présent à cette manifestation, a remis d’une manière symbolique la première attestation à mademoiselle Latufa HOUMADI, apprentie en agriculture dans le CIPM. Le ministre s’est félicité de voir la région du Nyumlakelé se doter d’un tel centre qui offre des possibilités d’apprentissage aux enfants déscolarisés et non scolarisés. Il a félicité ainsi mademoiselle Latufa HOUMADI pour les efforts qu’elle a déployés durant une année afin d’obtenir cette attestation. Quant à la lauréate, très émue, elle a remercié le directeur du centre, qui n’a managé aucun effort avec les enseignants pour que la formation se passe dans les meilleures conditions. « Le CIPM est un modèle pour le développement de la région du Nyumakelé et ceux ou celles qui ont abandonné l’école et qui veulent réussir dans leur avenir. J’appelle aux parents à y inscrire massivement leurs enfants qui ont abandonné l’école. Des différentes formations leur sont offertes en agriculture, menuiserie, électricité, plomberie, pâtisserie et cuisine » a-t-elle conclut.

Le ministre de la formation professionnelle remettant à mademoiselle Latufa HOUMADI son attestation de formation en agriculture au CIPM
Notons que l’Union Africaine et ses partenaires célèbrent la Journée de l’Enfant Africain (JEA), pour commémorer le massacre en 1976, des écoliers de Soweto, en Afrique du Sud qui protestaient contre une éducation qui visait à renforcer le régime de l’apartheid.
Source : Lamako.fr

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LUTTE CONTRE LES PIRES FORMES DE TRAVAIL DES ENFANTS au Burkina Faso

Le Comité national de coordination du plan d’action national de lutte contre les pires formes de travail des enfants (CNC-PAN/PFTE) a tenu sa première session ordinaire de l’année 2015, le jeudi 4 mai 2015, à Ouagadougou. L’objectif général de cette session était la validation du rapport synthèse 2011-2013 de la mise en œuvre de Plan d’action national des pires formes de travail des enfants. Elle a été ouverte sous la présidence du directeur de cabinet du ministre de la Fonction publique du Travail et de la Sécurité sociale, Allahidi Diallo.
Le travail des enfants par ses différentes conséquences constitue un frein au développement des pays. Malgré une réduction sensible du nombre d’enfants astreints au travail dans le monde, le phénomène reste perceptible. Cette situation qui prive les enfants d’une éducation et d’une formation susceptibles de leur garantir un avenir meilleur a conduit les Etats à adopter une série de mesures visant à combattre le fléau. Ainsi, au Burkina Faso, il a été adopté en février 2012, un Plan d’action national de lutte contre les pires formes de travail des enfants (PAN/PFTE). Il s’agit d’un plan dans lequel chaque acteur est bien responsabilisé et à un rôle à jouer. Pour dynamiser la mise en œuvre du PAN/PFTE, un comité national de coordination a été mis place et se réunit deux fois par an en session ordinaire. Ainsi, des outils ont été adoptés par le comité et ont été transmis aux différents acteurs concernés pour renseignement. Ce qui a permis d’élaborer un rapport synthèse 2011-2013 de la mise en œuvre du PAN/PFTE. C’est pour donc valider ce rapport que les acteurs se sont réunis en session ordinaire, le 4 juin 2015 à Ouagadougou. Lors de cette session le rapport a été présenté, puis a été amendé et validé. Le rapport de synthèse, outil de suivi, selon Allahidi Diallo, représentant le ministre de la Fonction publique permet de rendre compte des actions réalisées, des efforts accomplis et des insuffisances qui en ont résulté. Au-delà de rendre compte, il permet aussi de capitaliser les données recueillies et de dégager des perspectives. Il ressort du rapport que la lutte contre les pires formes de travail des enfants, en particulier, la mise en œuvre du PAN/PFTE a enregistré de nombreux acquis au cours de la période 2011-2013. Cependant, au regard de la persistance des pires formes de travail des enfants qui constituent un véritable fléau, Allahidi Diallo, a lancé un appel à tous les intervenants pour qu’ils redoublent d’ardeur, non seulement pour consolider ces acquis, mais aussi pour suivre au mieux les sillons tracés par le PAN/PFTE au Burkina Faso. Il faut noter que les pires formes de travail des enfants renvoient aux formes les plus inhumaines et avilissantes du recours à la main d’œuvre des enfants. « Il s’agit notamment de toutes les formes d’esclavages et les pratiques analogues telles que la vente et la traite des enfants, l’exploitation sexuelle des enfants ou encore le recours à la main d’œuvre enfantine pour exécuter les travaux dangereux qui se définissent par leur nature et que les conditions dans lesquelles ils s’exercent sont susceptibles de nuire à la santé, à la sécurité et à la moralité des enfants », a expliqué le directeur de la lutte contre le travail des enfants, Alassane Traoré.
Par Marie Gisèle TRAZONGODO
Source : http://www.lequotidienbf.com

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La convention sur les droits de l’enfant ratifiée par le Soudan du Sud

Convention sur les droits de l’enfant – Le Comité des Nations unies des droits de l’enfant a salué, lundi, la ratification par le Soudan du Sud de la convention des droits de l’enfant, portant ainsi à 195 le nombre de pays qui ont ratifié le texte.
La convention, adoptée depuis 25 ans, institue le droit de l’enfant à la vie, à la santé, à l’éducation et au jeu, en plus de son droit à la vie familiale, à la protection contre la violence et la discrimination et à être écouté.
Le Comité a exhorté les pays qui ont ratifié la convention dont le Soudan du Sud à respecter leurs engagements relatifs au respect, à la protection et à l’application de tous les droits de l’homme en faveur de l’enfant, insistant sur le fait que la ratification de convention est un pas important qui nécessite le respect de l’engagement.
Le Comité a réitéré son appel pour une ratification mondiale de la convention et appelé, à cet égard, les Etats-unis et la Somalie à ratifier le texte.

Le Comité a aussi appelé les pays à ratifier les trois actes juridiques qui ont abordé des domaines précis pour les droits de l’enfant. Il s’agit de la lutte contre leur vente et leur exploitation, de s’opposer à leur participation à des conflits armés et de les permettre à présenter des plaintes contre les violations graves de leurs droits.

Le Comité des Nations unies des droits de l’enfant a également salué la ratification, récemment, par le Soudan du Sud de deux principales conventions de l’Onu relatives à la lutte contre la torture et à l’éradication de la discrimination contre la femme.
Source : AfriqueJet.com

lutter contre le travail des enfants

Le Programme de l’IPEC ( Programme international pour l’élimination du travail des enfants )

Le Programme international pour l’élimination du travail des enfants (IPEC) de l’OIT a été créé en 1992 avec comme objectif global l’élimination progressive du travail des enfants par le biais du renforcement des capacités des pays à s’attaquer au problème et la promotion d’un mouvement mondial de lutte contre le travail des enfants. L’IPEC est opérationnel dans 88 pays avec un budget annuel consacré aux projets de coopération technique qui dépassait les 61 millions de dollars pour 2008. L’IPEC est le plus important programme en son genre dans le monde et le plus gros programme opérationnel de l’OIT.
Le nombre et le rang des partenaires de l’IPEC se sont également accrus au fil des ans et comprennent maintenant des organisations d’employeurs, travailleurs, représentants gouvernementaux, autres agences internationales, parlementaires, ainsi que des organisations communautaires, ONG, professionnels de la justice, universités, groupes religieux, entreprises privées, médias et, bien sûr, les enfants et leur familles.
Le travail des enfants perpétue le cercle vicieux de la pauvreté et empêche les enfants d’acquérir les compétences et l’éducation nécessaires pour améliorer leur avenir. L’impact du travail des enfants dépasse largement le cadre de l’enfance; il rejaillit également sur l’économie nationale et se traduit par des baisses de compétitivité, de productivité et de revenus potentiels. Les activités menées par l’IPEC pour lutter contre le travail des enfants est une importante clause de l’Agenda sur le travail décent de l’OIT. Retirer les enfants du monde du travail, leur assurer l’accès à l’éducation et apporter à leurs familles un soutien sous forme de formation professionnelle ou d’opportunités d’emploi, sont autant de facteurs contribuant au travail décent pour les adultes.
Fixation des groupes cibles prioritaires
Bien que l’objectif du programme soit l’élimination progressive du travail des enfants, l’IPEC s’est fixé comme cibles prioritaires les pires formes de travail des enfants, telles que définies dans la convention no 182:
• toutes les formes d’esclavage ou pratiques analogues,
• telles que la vente et la traite des enfants,
• la servitude pour dettes et le servage ainsi que le travail forcé ou obligatoire, y compris le recrutement forcé ou obligatoire des enfants en vue de leur utilisation dans des conflits armés;
• l’utilisation, le recrutement ou l’offre d’un enfant à des fins de prostitution, de production de matériel pornographique ou de spectacles pornographiques;
• l’utilisation, le recrutement ou l’offre d’un enfant aux fins d’activités illicites, notamment pour la production et le trafic de stupéfiants, tels que les définissent les conventions internationales pertinentes;
• les travaux qui, par leur nature ou les conditions dans lesquelles ils s’exercent, sont susceptibles de nuire à la santé, à la sécurité ou à la moralité de l’enfant.

http://www.ilo.org/ipec/

journée mondiale contre la travail des enfants

Journée mondiale contre le travail des enfants le 12 juin

Les estimations mondiales les plus récentes suggèrent que quelque 120 millions d’enfants entre 5 et 14 ans sont astreints au travail des enfants, les garçons et les filles de ce groupe d’âge étant à peu près également représentés1. Cette persistance du travail des enfants prend ses racines dans la pauvreté et le manque de travail décent pour les adultes, le manque de protection sociale, et une incapacité à s’assurer que tous les enfants fréquentent l’école jusqu’à l’âge minimum légal d’admission à l’emploi.

Cette année, la Journée mondiale contre le travail des enfants mettra un accent particulier sur l’importance qu’une éducation de qualité joue dans la lutte contre le travail des enfants. Le moment est bien choisi: en effet, en 2015, la communauté internationale examinera les raisons pour lesquelles les objectifs de développement en matière d’éducation n’ont pas été atteints et fixera de nouveaux objectifs et stratégies.

Cette année, lors de la Journée mondiale contre le travail des enfants, nous demandons:
• une éducation de qualité, gratuite et obligatoire pour tous les enfants, au moins jusqu’à l’âge minimum d’admission à l’emploi, et des mesures pour atteindre ceux qui sont actuellement en situation de travail des enfants;
• de nouveaux efforts pour s’assurer que les politiques nationales sur le travail des enfants et l’éducation sont cohérentes et efficaces;
• des politiques qui garantissent l’accès à une éducation de qualité et des investissements dans le domaine de l’enseignement.

Une éducation de qualité, gratuite et obligatoire pour tous les enfants au moins jusqu’à l’âge minimum d’admission à l’emploi et des mesures pour atteindre ceux qui sont actuellement en situation de travail des enfants
De nombreux enfants en situation de travail des enfants ne sont pas scolarisés du tout. D’autres combinent école et travail, mais souvent au détriment de leur éducation. Faute d’éducation et de compétences adéquates, une fois devenus adultes, les enfants qui ont été astreints au travail des enfants sont plus susceptibles de trouver des emplois précaires et mal rémunérés, ou d’être au chômage. À leur tour, leurs propres enfants seront plus susceptibles de tomber dans le travail des enfants. Mettre un terme à ce cercle vicieux de désavantage social est un défi mondial dans lequel l’éducation a un rôle-clé à jouer.

Une éducation de qualité, gratuite et obligatoire, au moins jusqu’à l’âge minimum d’admission à l’emploi, est un outil-clé dans l’élimination du travail des enfants. La fréquentation scolaire retire les enfants, en partie au moins, du marché du travail et jette les bases de l’acquisition de compétences professionnelles nécessaires sur le marché du travail. La crise mondiale de l’emploi des jeunes et les problèmes qu’ils rencontrent lors de la transition études-emploi soulignent la nécessité d’une éducation de qualité pertinente qui développe les compétences nécessaires pour réussir tant sur le marché du travail que dans la vie en général.

Dans leurs Objectifs du Millénaire pour le développement, les Nations Unies se sont fixé l’objectif de s’assurer que d’ici 2015 tous les garçons et les filles achèveront un cycle complet d’études primaires. Nous savons maintenant que cet objectif ne sera pas atteint. Des données récentes de l’UNESCO sur la scolarisation indiquent que 58 millions d’enfants en âge d’être à l’école primaire et 63 millions d’adolescents en âge d’être dans l’enseignement secondaire ne sont toujours pas inscrits à l’école. Beaucoup de ceux qui y sont inscrits ne sont pas assidus. Alors que la communauté internationale examine les raisons pour lesquelles ces objectifs n’ont pas été atteints, il est clair que la persistance du travail des enfants reste un obstacle aux progrès qui restent à faire dans les domaines de l’éducation et du développement. Si le problème du travail des enfants est ignoré ou si les lois qui l’interdisent ne sont pas appliquées de manière adéquate, les enfants qui devraient être à l’école continueront de travailler. Pour avancer, des mesures nationales et locales doivent être prises afin d’identifier et d’atteindre les enfants en situation de travail des enfants.
De nouveaux efforts pour s’assurer que les politiques nationales sur le travail des enfants et l’éducation sont cohérentes et efficaces
La Convention no. 138 de l’OIT sur l’âge minimum d’admission à l’emploi met l’accent sur la relation étroite entre l’éducation et l’âge minimum d’admission à l’emploi ou au travail. Elle déclare que l’âge minimum  » ne devra pas être inférieur à l’âge auquel cesse la scolarité obligatoire, ni en tout cas à quinze ans. » Cependant, de récentes études suggèrent que seuls 60 pourcent des États qui ont à la fois fixé un âge minimum d’admission à l’emploi et un âge de fin de scolarité obligatoire ont aligné les deux âges.

Une plus grande coordination des politiques et stratégies nationales dans le domaine du travail des enfants et de l’éducation sont, à l’évidence, nécessaires. L’OIT, ainsi que d’autres institutions spécialisées des Nations Unies, peuvent participer à ces efforts en travaillant avec les gouvernements pour identifier les politiques et les besoins de financement requis pour lutter contre le travail des enfants.
Des politiques qui garantissent l’accès à une éducation de qualité et des investissements dans le domaine de l’enseignement
L’éducation et la formation sont des moteurs essentiels du développement social et économique et elles exigent des investissements. Dans de nombreux pays, cependant, les écoles accessibles aux familles pauvres n’ont pas assez de ressources. Des installations scolaires inadéquates, des classes surchargées, un manque d’enseignants formés limitent, plutôt que permettent, l’apprentissage, et constituent un élément dissuasif à la fréquentation scolaire. Pour beaucoup trop d’enfants, les possibilités d’accès à l’éducation s’arrêtent au niveau primaire pour la simple raison qu’il n’y a pas d’écoles physiquement accessibles, en particulier dans les zones rurales. Cela pousse inévitablement les enfants à entrer dans le marché du travail bien avant l’âge minimum légal d’admission à l’emploi. Les politiques nationales doivent donc veiller à investir de manière adéquate dans l’éducation et la formation publiques.

L’OIT apporte également son soutien aux professionnels sans qui l’éducation de qualité ne peut exister: les enseignants. Conjointement avec l’UNESCO, l’OIT promeut les principes d’un enseignement de qualité à tous les niveaux d’éducation par le biais de Recommandations concernant le corps enseignant. S’assurer que le personnel enseignant bénéficie d’une solide formation professionnelle, de compétences nécessaires, ainsi que de conditions de travail décentes basées sur le dialogue social est une étape cruciale dans le processus de promotion d’une éducation de qualité élevée.
Ce qu’il faut faire pour progresser
Malgré les nombreux défis, des progrès ont été réalisés et d’autres sont encore possibles. En effet, le nombre d’enfants en situation de travail des enfants a baissé au cours des 10 dernières années, alors que le nombre de ceux qui fréquentent l’école a augmenté. Il reste cependant beaucoup à faire pour mettre fin au travail des enfants. Afin d’accélérer sensiblement les tendances positives, il serait maintenant urgent d’examiner les progrès qui ont déjà été réalisés, et d’en tirer les leçons. Parmi les mesures les plus importantes, il faut:
• offrir une éducation de qualité, gratuite et obligatoire;
• garantir que tous les enfants, filles et garçons, aient accès à des conditions d’apprentissage sûres et de qualité;
• offrir aux enfants plus âgés qui n’ont jusqu’à présent pas reçu d’éducation formelle la possibilité de suivre des programmes de formation professionnelle ciblés qui offriraient également des possibilités d’acquérir une éducation de base;
• garantir la cohérence et l’application des lois sur le travail des enfants et la fréquentation scolaire;
• promouvoir des politiques de protection sociale pour encourager la fréquentation scolaire;
• s’assurer d’un corps enseignant bien formé, professionnel et motivé, bénéficiant de conditions de travail décentes basées sur le dialogue social;
• protéger les jeunes travailleurs quand ils quittent l’école et entrent dans la population active pour leur éviter de se retrouver piégés dans des formes inacceptables de travail.
1 Au sein du groupe d’âge plus large des 5-17 ans, on estime que 168 millions d’enfants sont en situation de travail des enfants.
http://www.ilo.org/ipec/Campaignandadvocacy/WDACL/lang–fr/

La vie de Molhem a changé grâce à l’école (vidéo)

Il est sorti de l’isolement qu’il vivait avant, et chaque matin il est impatient d’arriver à l’école pour saluer le drapeau et être avec ses camarades. Ses enseignants ont réussi à changer leur regard envers lui et à l’inclure dans la classe. « Tunisie nouvelle, Tunisie inclusive » est une série de vidéos qui racontent les histoires de filles, garçons, femmes et hommes handicapé(e)s en Tunisie qui réussissent leur vie sans que leur handicap constitue un obstacle. « Mon droit à l’éducation, ma réussite » constitue une première série de vidéos qui racontent l’inclusion scolaire de trois élèves handicapés au sein de l’école primaire de Menzel Bourguiba (Gouvernorat de Bizerte, Tunisie).

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L’éducation des femmes : une situation alarmante

Au cours des dix dernières années, la situation des femmes dans le monde a progressé.

Mais malgré d’importants progrès accomplis depuis le début des années 2000 en termes de parité entre les sexes dans l’éducation, la situation reste alarmante.

En effet, si l’on constate une participation croissante des filles et des femmes à tous les niveaux du système éducatif, il n’en demeure pas moins que 54% des enfants non-scolarisés sont des filles et 64% des adultes analphabètes sont des femmes (Rapport mondial de suivi sur l’Éducation pour tous, Unesco, janvier 2010). Le droit à l’éducation se restreint encore avec l’âge dans de nombreux pays. Ainsi, au Burkina Faso, seuls 8% des filles font des études secondaires.
Au total, 41 millions de filles sont exclues de l’éducation dans le monde et 515 millions de femmes sont analphabètes.
De plus, 60 pays ne seront pas en mesure d’atteindre les objectifs de parité fixés en 2000 pour 2015 par la Déclaration du millénaire des Nations unies. Ces chiffres attestent de l’inégalité subie et de l’urgence de la situation.
Le déni du droit à l’éducation maintient les femmes dans une situation de dépendance vis-à-vis de leur famille comme de la société. Il les enferme dans un rôle économique et social défini sans elles. Il les empêche de développer un esprit critique leur permettant de défendre leurs droits. Il leur confisque les moyens de lutter pour le respect de ces droits. Lutter contre l’exclusion des femmes, c’est agir sur des facteurs sociologiques, politiques, culturels, etc. Et c’est aussi permettre à la moitié de l’humanité de choisir avec l’autre moitié leur avenir commun.

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Les causes de l’exclusion des femmes

Le droit à l’éducation est un droit fondamental.
Pourtant, des millions de femmes et de filles restent exclues d’une éducation de qualité. Facteurs culturels, sociaux ou économiques, les raisons d’un tel déni de droit sont multiples, externes et internes à l’école.
Préférence aux garçons, travaux ménagers, stéréotypes, pauvreté désignent autant de freins à l’éducation des femmes et des filles.
La pauvreté est un obstacle majeur. Dans de nombreux pays, l’école est obligatoire. Mais pour certaines familles, la scolarisation des filles peut représenter un manque à gagner car elle les prive d’une main-d’œuvre gratuite. Et si la volonté et les moyens pour inscrire les filles à l’école sont là, reste la question de la proximité des établissements, surtout dans les zones rurales. Pour s’y rendre, les petites filles doivent souvent marcher des kilomètres sur le bord des routes. La peur de l’accident ou de l’agression retient alors les parents de les envoyer à l’école.
Les mentalités transmettent trop souvent encore beaucoup de valeurs de soumission qui cantonnent les femmes à la sphère domestique. Les pesanteurs socioculturelles condamnent trop souvent les femmes à rester analphabètes. « La scolarisation des filles reste gangrénée par des freins qui ont pour noms : mariages et grossesses précoces, violences faites aux filles dans l’espace scolaire et communautaire » explique Hamidou Soukouna, membre d’Aide et Action Sénégal.

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Inde : Une réforme de la loi régulant le travail des enfants inquiète les ONG

La loi régulant le travail des mineurs en Inde a été amendée le 13 mai. Pour les organisations de protection des enfants, certaines modifications vont ouvrir la porte aux abus. Si le travail des moins de 14 ans est interdit, des exceptions pourraient néanmoins rendre la loi moins contraignante.
La récente révision du gouvernement indien sur la législation encadrant le travail des mineurs laisse les défenseurs des enfants sur un sentiment mitigé.
Le cabinet de Narendra Modi, le 13 mai, a amélioré les dispositions prévues par le Child Labour Prohibition Act de 1986 (amendé en 2012). Désormais, tous les enfants de moins de 18 ans seront exclus du travail dans les industries jugées « dangereuses », alors que jusqu’à présent seuls les moins de 14 ans étaient visés par une interdiction portant sur une liste de 18 secteurs.
Craintes de certaines ONG
Autre disposition prévue : tout travail commercial sera fermé aux moins de 14 ans. Si cette tranche d’âge apparaît comme mieux protégée, certains assouplissements ont fait bondir des ONG. Selon l’amendement proposé, ils pourront aider leurs familles, dans les exploitations agricoles ou dans l’artisanat, à condition que cela se fasse en dehors du temps scolaire.
Le secteur des médias et du divertissement (télévision, publicité, cinéma, séries) est également un secteur faisant office d’exception. Comme dans le cas du travail organisé dans un cadre familial, cet aménagement ne pourra pas entrer en concurrence avec le droit fondamental à l’éducation pour les enfants de 6 à 14 ans, telle qu’une loi de 2009 l’a édicté.
Quelle est la définition d’une entreprise familiale ?
Si la loi part de bonnes intentions dans l’esprit du gouvernement, les ONG s’alarment du risque de dérives et d’une « exploitation » des enfants. « La définition de la famille, et de la famille étendue, reste floue », s’inquiète Enakshi Ganguly Thukral, co-directrice du HAQ Centre for CHild Rights (Centre pour les Droits des enfants). D’autant que pour cette organisation, de nombreuses entreprises ont un visage familial en Inde. Qu’il s’agisse de fabriques de tapis, de cordonnerie, ou du secteur de la construction.

Deux enfants travaillant dans une fabrique de briques en 2009 dans l’Etat de l’Andhra Pradesh (photo The Hindu)
L’ONG remarque également que de nombreuses activités sont sorties du champ des entreprises considérées comme « dangereuses », comme les fonderies ou les abattoirs. Par ailleurs, le montant de l’amende infligée aux employeurs en cas de violation de la législation, et qui a été augmentée de 150%, reste « dérisoire » aux regards des défenseurs (50.000 roupies, soit 700 euros).
La loi originelle de 1986 « affaiblie »
Swami Agnivesh, président du Bandhua Mukti Morcha, une autre ONG engagée dans la lutte contre le travail des mineurs, considère ces amendements comme un « affaiblissement » de loi de 1986 et qu’ils se heurtent au « droit fondamental à l’enfance ».
Kailash Satyarthi, co-lauréat du prix Nobel de la paix l’an dernier pour son travail en faveur des enfants, a également réagi avec beaucoup de déception :
Quand j’ai commencé à travailler sur le travail des enfants en 1981, il n’existait aucune loi. Celle-ci est arrivée en 1986. Malgré tout, au bout de 29 années, nous ne sommes pas parvenus à éradiquer ce mal.
Le prix Nobel 2014 Kailash Satyarthi, figure de la lutte contre le travail des enfants (photo AFP)
D’autres voix s’élèvent à l’inverse sur la réforme, assurant qu’une interdiction totale du travail des enfants est « une mauvaise idée ». Thomas Preetha, professeur à l’université de Barkatullah, considère que cette question est « complexe » et rappelle que de nombreux enfants travaillent pour subvenir aux besoins de leurs familles. Le gouvernement, dans sa déclaration, indiquait qu’il était important de « prendre en compte le tissu social et les conditions socio-économiques » dans cette loi.
D’après les derniers chiffres de l’Unicef, 28 millions d’enfants travaillent actuellement en Inde. Plus de 12 millions d’entre eux, âgés entre 5 et 14 ans, le font dans des conditions dangereuses, allant de la construction aux usines de feux d’artifice. L’agence estime également que 74% des domestiques mineurs du pays ont entre 12 et 16 ans.
Source : http://www.itele.fr/monde