Burkina Faso, Haïti, Les Comores, Népal….

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L’adolescente pakistanaise Malala, icône mondiale du combat pour l’éducation des filles

L’adolescente pakistanaise Malala, icône mondiale du combat pour l’éducation des filles, s’est engagée à lutter jusqu’à ce que le dernier enfant soit scolarisé en recevant, mercredi, le prix Nobel de la paix.
« Je continuerai ce combat jusqu’à ce que je voie tous les enfants à l’école », a déclaré la jeune Pakistanaise Malala Yousafzai, mercredi 10 décembre, lors de la cérémonie lui décernant le prix Nobel de la paix. La jeune fille de 17 ans seulement, qui est devenue la plus jeune lauréate de l’histoire Nobel en octobre dernier, a reçu son prix conjointement avec l’Indien Kailash Satyarthi, 60 ans, dont 35 consacrés à combattre le travail des enfants.
Tous deux vêtus d’habits traditionnels, Malala et Satyarthi sont récompensés, l’une pour son combat pour le droit des enfants, en particulier des filles, à l’éducation, l’autre pour sa lutte contre le travail des enfants dans des usines et ateliers où ils sont réduits à l’état d’esclave.
« Pourquoi les pays qu’on dit puissants sont-ils si forts à provoquer des guerre mais si faibles pour apporter la paix ? Pourquoi donner des armes est-il si facile quand donner des livres est si difficile ? Pourquoi est-il si facile de construire des chars mais si difficile de construire des écoles ? », a déclaré Malala.
Son engagement a failli lui coûter la vie : alors qu’elle tenait depuis l’âge de 11 ans un blog sur le site de la BBC en ourdou, où elle décrivait le climat de peur régnant dans sa vallée natale de Swat, des Taliban ont intercepté son car scolaire, le 9 octobre 2012 et lui ont tiré une balle dans la tête. Après plusieurs jours entre la vie et la mort, l’adolescente avait miraculeusement survécu. Elle reste aujourd’hui sous la menace des islamistes.
Les chaînes de l’esclavage « plus fortes » que la quête de liberté
Son colauréat, Kailash Satyarthi, fondateur de l’organisation Bachpan Bachao Andolan (« Mouvement pour sauver l’enfance ») qui se targue d’avoir sauvé quelque 80 000 enfants d’usines et ateliers, a lui aussi lancé un vibrant plaidoyer pour les droits de l’enfance, mercredi.
« Je refuse d’accepter que le monde soit trop pauvre (pour scolariser les enfants) quand une seule semaine de dépenses militaires mondiales suffirait à mettre tous nos enfants dans des classes », a dit cet ingénieur de formation, qui, lui aussi, a été violenté à maintes reprises. « Je refuse d’accepter que les chaînes de l’esclavage soient plus fortes que la quête de liberté », a-t-il ajouté, avant de perdre un peu, mais avec humour, le fil de son discours.
Selon l’ONU, près de 58 millions d’enfants en âge de fréquenter l’école primaire ne sont pas scolarisés tandis que l’Organisation internationale du travail (OIT) chiffre à 168 millions le nombre d’enfants forcés de travailler à travers le monde.
Le Nobel consiste en une médaille d’or, un diplôme et un chèque de 8 millions de couronnes suédoises (environ 860 000 euros).
Source : AFP

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L’éducation des femmes

Une situation alarmante

Au cours des dix dernières années, la situation des femmes dans le monde a progressé.   Mais malgré d’importants progrès accomplis depuis le début des années 2000 en termes de parité entre les sexes dans l’éducation, la situation reste alarmante.
En effet, si l’on constate une participation croissante des filles et des femmes à tous les niveaux du système éducatif, il n’en demeure pas moins que 54% des enfants non-scolarisés sont des filles et 64% des adultes analphabètes sont des femmes (Rapport mondial de suivi sur l’Éducation pour tous, Unesco, janvier 2010). Le droit à l’éducation se restreint encore avec l’âge dans de nombreux pays. Ainsi, au Burkina Faso, seuls 8% des filles font des études secondaires.

Au total, 41 millions de filles sont exclues de l’éducation dans le monde et 515 millions de femmes sont analphabètes. De plus, 60 pays ne seront pas en mesure d’atteindre les objectifs de parité fixés en 2000 pour 2015 par la Déclaration du millénaire des Nations unies. Ces chiffres attestent de l’inégalité subie et de l’urgence de la situation.

Le déni du droit à l’éducation maintient les femmes dans une situation de dépendance vis-à-vis de leur famille comme de la société. Il les enferme dans un rôle économique et social défini sans elles. Il les empêche de développer un esprit critique leur permettant de défendre leurs droits. Il leur confisque les moyens de lutter pour le respect de ces droits. Lutter contre l’exclusion des femmes, c’est agir sur des facteurs sociologiques, politiques, culturels, etc. Et c’est aussi permettre à la moitié de l’humanité de choisir avec l’autre moitié leur avenir commun.

 

Les causes de l’exclusion

Pourtant, des millions de femmes et de filles restent exclues d’une éducation de qualité. Facteurs culturels, sociaux ou économiques, les raisons d’un tel déni de droit sont multiples, externes et internes à l’école.

Préférence aux garçons, travaux ménagers, stéréotypes, pauvreté désignent autant de freins à l’éducation des femmes et des filles.

La pauvreté est un obstacle majeur. Dans de nombreux pays, l’école est obligatoire. Mais pour certaines familles, la scolarisation des filles peut représenter un manque à gagner car elle les prive d’une main-d’œuvre gratuite. Et si la volonté et les moyens pour inscrire les filles à l’école sont là, reste la question de la proximité des établissements, surtout dans les zones rurales. Pour s’y rendre, les petites filles doivent souvent marcher des kilomètres sur le bord des routes. La peur de l’accident ou de l’agression retient alors les parents de les envoyer à l’école.

Les mentalités transmettent trop souvent encore beaucoup de valeurs de soumission qui cantonnent les femmes à la sphère domestique. Les pesanteurs socioculturelles condamnent trop souvent les femmes à rester analphabètes. « La scolarisation des filles reste gangrénée par des freins qui ont pour noms : mariages et grossesses précoces, violences faites aux filles dans l’espace scolaire et communautaire » explique Hamidou Soukouna,  Sénégal.

http://www.curiosphere.tv/ressource/23616–leducation-des-femmes-et-des-filles-dans-le-monde

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Les femmes font le monde !

À l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, Solidarité Laïque diffuse une infographie synthétique sur la situation des femmes en France et dans le monde.
Pour nous, cette journée constitue une opportunité de rappeler que :
– l’égalité entre les sexes est un principe fondamental de l’Education Pour Tous, lancée en 2000.
– l’éducation autonomise les femmes et les filles : les sociétés en bénéficient à tous les niveaux, au délà du développement économique jusque dans d’autres domaines tels que la santé publique, l’impact sur les générations futures..
Alors qu’approche la date cible de 2015 pour atteindre les Objectifs mondiaux de développement et d’Education pour Tous : il faut intensifier les efforts pour réaliser l’égalité entre les sexes dans l’éducation, promouvoir l’éducation de toutes les filles et les femmes, leur éducation, alphabétisation et leur insertion socio professionnelle pour un monde plus juste, plus égalitaire et plus durable.
Des chiffres clés récents :
– Même si des progrès significatifs ont été accomplis, en 2011 la parité des sexes était atteinte dans seulement 60 % des pays au niveau de l’enseignement primaire et dans 38 % des pays au niveau de l’enseignement secondaire.

– En 2011, 774 millions d’adultes étaient encore analphabètes dont deux tiers de femmes.

A cette occasion : nous vous recommandons nos lectures sur l’éducation des filles et des femmes

Téléchargez et relayez l’infographie « Les femmes dans le monde »

Source :http://www.solidarite-laique.org/

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Fazle Hasan Abed

Bangladesh : les petits miracles de Fazle Hasan Abed

Recul de la pauvreté, boum de la scolarisation des filles, hausse de l’espérance de vie… Les progrès du Bangladesh sont spectaculaires. Derrière ce succès : Fazle Hasan Abed et son ONG.

On ne parle du Bangladesh que pour ses problèmes : exploitation des ouvriers du textile, pauvreté, inondations, soubresauts politiques… Ce pays accomplit pourtant des miracles pour s’en sortir, en bonne partie grâce au BRAC (Bangladesh Rural Advancement Committee), une ONG fondée en 1972 par Fazle Hasan Abed.
Peu connu dans le monde francophone, cet homme exceptionnel a remporté en 2011 le premier « Nobel de l’éducation », comme on surnomme le prix WISE, décerné par la Fondation du Qatar pour l’éducation. Il a été anobli par la reine Élisabeth II en 2010. Et le 20 novembre dernier, il a été le premier homme à recevoir le Trust Women Hero Award (de la fondation Thomson Reuters) pour son travail innovant en faveur des droits des femmes.
Plus grande ONG au monde, avec 120 000 employés dans 10 pays et 135 millions de bénéficiaires, le BRAC est l’« ingrédient magique » du Bangladesh, selon The Economist (novembre 2012). Car il est partout : construction d’écoles, de garderies et même d’une université, santé, plantations agricoles, microcrédit, cours d’éducation sexuelle pour les ados… Et son influence est majeure : de 1990 à 2010, l’espérance de vie a progressé de 10 ans, l’extrême pauvreté a reculé de moitié et la scolarisation — notamment des filles — a explosé.
Ancien directeur financier de Shell à Londres, sir Abed, 78 ans, est rentré dans sa région natale en 1971 pour aider les millions de réfugiés revenant de l’Inde après la guerre d’indépendance du Bangladesh (ex-Pakistan oriental). Il n’en est jamais reparti. Militant infatigable contre la pauvreté et pour l’égalité des sexes, cet homme modeste, en chemise à col Nehru, est invité au Forum économique mondial de Davos chaque année et donne des conférences dans le monde entier.
Fort de ses succès dans son pays, le BRAC exporte maintenant son savoir-faire en Afghanistan, au Pakistan, au Soudan du Sud, en Haïti, prouvant que les meilleures solutions contre la pauvreté et l’analphabétisme ne viennent pas forcément des pays riches.
Nous avons rencontré sir Abed au siège social du BRAC, à Dacca, capitale du Bangladesh.
* * *
Selon The Economist, le BRAC est l’« ingrédient magique » du Bangladesh. Quel est le secret de son succès ?
La plupart des ONG se contentent de petites initiatives, qui, bien que souvent très bonnes, ne grandiront jamais. Pour notre part, nous croyons qu’être petit, c’est bien, mais que grandir est essentiel ! Faire du bon travail pour 50 000 personnes quand on a une population de 160 millions d’habitants, ça ne change pas grand-chose ! Tous nos programmes démarrent à petite échelle, puis, une fois leur efficacité prouvée, nous systématisons les tâches essentielles et supprimons les autres avant de passer à l’échelon supérieur. C’est la recette de McDonald’s !
Le Bangladesh a fait parler de lui en raison de la tragédie du Rana Plaza, où 1 200 ouvriers du textile ont péri en 2013. Comment les consommateurs d’Occident peuvent-ils aider à prévenir de telles catastrophes ?
Il y a deux réactions possibles. La bonne, c’est de protester auprès des chaînes de magasins et de les boycotter si elles n’accordent pas un salaire décent et des conditions de travail sécuritaires. Les pressions des consommateurs, sur Walmart notamment, commencent d’ailleurs à faire effet. La mauvaise réaction, c’est de demander à ces chaînes de ne plus acheter au Bangladesh. Car la conséquence sera dramatique : les gens vont perdre leur emploi et seront encore plus pauvres !
Les femmes sont majoritaires dans l’industrie textile du Bangladesh. Pourquoi ?
Parce que les ONG comme la nôtre ont réalisé un important travail en amont auprès de leurs mères, village après village, en répétant que si les filles vont à l’école, elles peuvent travailler, gagner leur vie, contribuer au budget familial. Et devenir autonomes plutôt que de se marier à 13 ans ! Les responsables de cette industrie n’en sont pas conscients, mais nous avons créé une véritable révolution sociale ! Ils offrent beaucoup d’emplois pour les filles ayant terminé l’école primaire. Mais c’est grâce à nos efforts préliminaires que celles-ci sont majoritaires dans l’industrie textile au Bangladesh, alors qu’elles sont rares en Inde et absentes au Pakistan.
Reste que la plupart ne poursuivent pas d’études au-delà du primaire et sont prisonnières de jobs mal payés. Que reste-t-il à faire pour améliorer leur sort ?
Nous sommes en période de transition. Auparavant, les femmes n’allaient pas du tout à l’école, alors qu’aujourd’hui elles sont plus nombreuses que les garçons au primaire ! Nous travaillons maintenant à les envoyer au secondaire et à les y garder. En raison de la hausse de fréquentation au primaire, on manque toutefois d’écoles secondaires pour accueillir tous les jeunes. Et de professeurs : chaque classe compte de 80 à 100 élèves ! Résultat, les élèves n’apprennent pas grand-chose et finissent par abandonner. Dans les prochaines années, nous allons construire des écoles secondaires, former plus de profs ; la qualité s’améliorera et le décrochage diminuera.
Quelle est votre position quant aux demandes d’augmentation de salaire des ouvriers du textile ?
Les travailleurs doivent avoir des salaires décents, permettant de répondre aux besoins essentiels : envoyer leurs enfants à l’école, avoir un toit, trois repas par jour, et pouvoir payer un médecin s’ils sont malades. Il faut toutefois trouver un juste milieu afin que les employeurs puissent exporter leurs produits et que le Bangladesh reste compétitif par rapport à ses concurrents, comme le Cambodge et le Viêt Nam.
Vous avez lancé récemment un projet-pilote contre la violence envers les femmes, en travaillant auprès des hommes — une première au Bangladesh. Comment est-il reçu ?
Il est impossible de changer les comportements masculins sans travailler aussi avec les garçons et les hommes. Ceux-ci sont réticents, parce qu’ils ne connaissent rien d’autre que la société patriarcale, mais l’idée de l’égalité hommes-femmes fait son chemin. Autre révolution : nous avons ouvert des écoles de conduite de motos et de voitures pour les femmes. Elles peuvent ainsi se déplacer plus rapidement et décrocher de meilleurs emplois. Et je veux aussi qu’elles puissent conduire des bus !
Êtes-vous préoccupé par la voix de plus en plus forte des islamistes intégristes du Bangladesh et le risque d’un retour en arrière pour les femmes ?
Certes, il y a des conservateurs au Bangladesh qui peuvent nous considérer comme des ennemis parce que nous sommes féministes ! Mais notre pays a toujours été plutôt séculier, pas trop religieux : nous vivons avec les hindous, les bouddhistes, et je pense, j’espère, que ça va continuer ainsi. Cela dit, je suis préoccupé, parce que le monde lui-même va dans une mauvaise direction : le fondamentalisme m’inquiète beaucoup.
Le BRAC est l’un des premiers fournisseurs de microcrédit au Bangladesh. Cette formule est tou-tefois critiquée, certains experts affirmant qu’au lieu d’aider les gens à sortir de la pauvreté, elle les étouffe sous des dettes. Que leur répondez-vous ?
Comme dans n’importe quel business, certains réussissent, d’autres échouent. Et on ne peut pas contrôler toutes les activités des emprunteurs. Le microcrédit n’en reste pas moins un excellent moyen de donner une chance à des gens qui auraient difficilement accès à de l’argent autrement. Beaucoup l’utilisent d’ailleurs de façon efficace et améliorent leur condition. Nos emprunteurs sont à 95 % des femmes, souvent à même de créer leur petite entreprise.
Pourquoi le BRAC a-t-il décidé d’exporter ses programmes ?
Steve Jobs [NDLR : cofondateur et PDG d’Apple décédé en 2011] m’avait posé la question autrement : « Avec votre savoir-faire, pourquoi avez-vous attendu 30 ans avant d’aller à l’extérieur ? » [Rire] Je lui ai répondu que je n’avais jamais pensé à sortir du Bangladesh : notre pays est si pauvre ! Puis, lorsque l’Afghanistan a été libéré des talibans et a accueilli des millions de réfugiés rentrant au pays, je me suis aperçu qu’il rencontrait le même type de situation que le Bangladesh en 1972. Ces réfugiés allaient avoir besoin de soutien et j’avais quelque expérience en la matière. [Rire] On a commencé par le microcrédit et l’éducation, et ça a si bien marché que je me suis dit que ça pourrait fonctionner aussi ailleurs.
Envoyer les filles à l’école en Afghanistan, ce n’était pas évident…
La clé du développement, c’est de changer la culture. Et il est impensable de faire du développement sans donner aux filles l’accès à l’éducation. En Afghanistan, l’éducation des filles va à l’encontre de la culture locale, mais cela ne veut pas dire que je ne peux rien faire. J’y ai établi 7 000 écoles pour filles, formé des enseignantes et recruté des femmes plus âgées qui vont chercher les filles chez elles, les accompagnent à l’école et les ramènent à la maison. Culturellement, c’était approprié : les parents ont accepté. Mais lorsque ces filles seront mères à leur tour, elles n’auront pas besoin qu’une femme plus âgée accompagne leurs filles à l’école : la culture aura changé.

Isabelle Grégoire
http://www.lactualite.com/

web-edu-tv

Une plateforme pour promouvoir l’éducation en Afrique subsaharienne francophone

Où en est-on avec la modernisation des écoles coraniques au Sénégal ? Qu’en est-il du phénomène des « cours du soir » à Ouagadougou ? Comment s’est déroulée la rentrée scolaire 2013 au Mali après le conflit ? Autant de questions et bien d’autres que toute personne s’intéressant aux questions d’éducation en Afrique subsaharienne s’est certainement déjà posées. Des questions très souvent restées sans réponse. Exceptions faites des rapports (pas toujours récents) de quelques organisations internationales et agences spécialisées du système Nations Unies, difficile de trouver en ligne des informations de terrain récentes sur les questions d’éducation en dans les pays francophones d’Afrique subsaharienne. Un problème auquel tentent de pallier certaines initiatives, à l’instar de Web Edu TV.

C’est quoi Web Edu Tv ?

Initié par l’ONG burkinabé Promotion de l’Audiovisuel pour l’Éducation en Afrique (PAVEA) avec le soutien de l’ONG suisse Soutien Laïque, Web Edu TV est une plateforme qui propose des documents multimédias (vidéos, photos, documents sonores notamment) traitant des questions d’éducation spécifiques aux pays de la sous-région Afrique subsaharienne francophone.

A qui s’adresse-t-elle ?

Destinée à toutes les personnes s’intéressant aux questions d’éducation dans cette sous-région (professionnels ou pas), cette plateforme essaye à sa manière d’attirer l’attention sur des sujets cruciaux : l’accès et la qualité de l’éducation, les conditions de travail des enseignants et les conditions d’apprentissage des élèves du primaire, le rôle des familles dans l’éducation des enfants, les types d’écoles et d’apprentissage, sont les quatre thématiques centrales sur lesquelles repose cette initiative. Des sujets pertinents pour l’avenir de l’éducation dans la sous-région et pas seulement. Les thématiques abordées ici concernent bien d’autres pays du continent de manière plus générale et sont au cœur des débats actuels autour de l’élaboration d’un agenda post-2015, pour faire de l’accès à une éducation de qualité, une réalité pour tous les Africains.

Au travers de films courts et autres ressources documentaires qu’elle propose, tout en offrant aux acteurs institutionnels et aux professionnels de l’éducation un cadre d’expression, Web Edu TV entend ainsi « contribuer à une mise en perspective et en discussion des politiques éducatives suivies à l’horizon post-2015 et (…) donner la parole à leurs principaux acteurs et destinataires finaux », comme le soulignent ses promoteurs.

Les ressources, classées en fonction de leurs thématiques centrales, sont essentiellement des vidéos documentaires présentant des expériences de terrain, des cas pratiques. La parole est ici donnée aux enseignants, aux responsables d’établissements, aux inspecteurs pédagogiques, aux parents d’élèves, etc., qui font part de leurs expériences in vivo. Des vidéos, dont certaines sont traduites en anglais, qui contrastent bien avec certaines des présentations PowerPoint vu dans des grandes conférences et autres extrapolations dont certains rapports sont parfois l’objet.

Il ne reste plus qu’à espérer que cette initiative mobilise réellement les acteurs de l’éducation de la sous-région, dont les témoignages et partages d’expériences espérés et attendus sur les forums du site, contribueraient sans aucun doute, à enrichir le débat et dresser un état des lieux plus complet de la situation. Ce qui pourrait également servir comme un outil de plaidoyer pour faire de l’accès à une éducation de qualité, un droit « inaliéné » pour tous les enfants de la sous-région. Et au-delà.

Une belle manière de mettre le web au service de l’éducation en Afrique subsaharienne.

Lien : http://web-edu.tv/

VOC Voice Of Children

Voice of Children reçoit le prix international « Star Impact »

Voice of Children (VOC), partenaire de Partage au Népal, est le lauréat du prix « Star Impact » de l’année 2014 dans la catégorie Asie-Pacifique sur le thème de la protection. Ce prix récompense un travail sans relâche afin d’améliorer l’environnement des enfants les plus vulnérables. Le directeur de VOC, Mr Krishna Thapa a reçu ce prix de Bill Clinton, lors d’une grande cérémonie qui a eu lieu en décembre 2014.

Le prix “Star Impact” récompense et reconnaît le formidable travail des organisations locales qui améliorent le quotidien et la qualité de vie des enfants dans leur pays. Ce prix est divisé en 4 catégories différentes : la santé, l’éducation, la protection et WASH, pour les zones Asie-Pacifique, Amérique latine – Caraïbes et Afrique Subsaharienne. Ce prix a réuni plus 500 participants venant de 65 pays du monde entier. Parmi eux 136 candidats venaient de 13 pays de la région Asie-Pacifique et c’est VOC qui a finalement été choisie pour remporter le prix « Star Impact » de 2014.

En savoir plus : http://partage.org

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A quand l’éducation pour tous ?

Si la scolarisation des enfants les plus défavorisés s’est développée sous l’impulsion de l’OMD, les objectifs fixés ne seront pas atteints.
Les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) visant à s’assurer qu’au mois de décembre 2015, chaque enfant en âge d’être scolarisé soit effectivement à l’école, semblent sérieusement compromis. Avec des enfants à Gaza, en Syrie, en Irak et au Nigéria littéralement en ligne de mire ces derniers mois, l’immense ampleur du défi n’en est que trop évidente. Après tout, tenir la promesse de l’éducation exige que même ceux qui vivent dans les circonstances les plus difficiles, comme les enfants réfugiés et les enfants vivant dans les zones de combat, puissent acquérir en toute sécurité une éducation de base.
Une étude universitaire suggère qu’aucun pays ne peut profiter d’une prospérité soutenue, et qu’aucun ne peut , sans des investissements à grande échelle dans un enseignement de qualité. Ceci est particulièrement vrai pour l’économie d’aujourd’hui fondée sur la connaissance, dans laquelle les entreprises s’évaluent aussi en fonction de leur capital humain, donc pas seulement en fonction de leur capital physique, et où les marchés boursiers évaluent les actifs intellectuels, en plus des actifs physiques.
Moindre prospérité sans éducation
L’éducation a longtemps été vue comme la garantie numéro 1 en termes de revenu, de richesse, de statut et de sécurité. Pourtant plusieurs millions de personnes sont toujours laissées de côté ou laissées pour compte, avec près de la moitié des enfants du monde sans accès à une éducation de base.
Certes, depuis cinq ans que les OMD sont mis en place, d’importants progrès ont été réalisés, notamment l’inscription dans les écoles primaires et secondaires qui a connu une augmentation annuelle de 1,5% . Suivant cette lancée, le taux de scolarisation devait atteindre 97% dans le monde en 2022. L’Afrique subsaharienne était censée y parvenir d’ici 2026.
Mais après 2005, les progrès ont été mis au point mort. En conséquence, seulement 36% des enfants dans les pays les plus pauvres terminent leur éducation secondaire. En 2030, ce taux aura augmenté, mais seulement à 54%.
Sans surprise, rencontrent davantage de difficultés. Aujourd’hui, 75% des filles ne reçoivent aucune éducation primaire de base : en 2030, la moitié en seront encore exclues. De même, environ 90% des filles n’ont aujourd’hui pas les moyens de bénéficier d’une éducation secondaire complète : en 2030, ce chiffre aura diminué seulement de 20%. Et alors que les garçons d’Afrique subsaharienne devront attendre jusqu’en 2069 pour avoir un accès universel à l’enseignement primaire, les filles devront attendre jusqu’en 2086. En ce qui concerne l’enseignement secondaire, il faudra près d’un siècle, si les tendances actuelles persistent, pour assurer l’accès à toutes les filles d’Afrique subsaharienne.
Du retard en Afrique
Aucun de ces chiffres ne concorde avec la promesse des dirigeants mondiaux de développer les talents de tous les enfants du monde. Une étude récente indique que l’Afrique a un tel retard en termes de possibilités éducatives qu’en 2025, seulement 2% des jeunes trentenaires au Rwanda, au Tchad, au Libéria et au Malawi, et seulement 3% en Tanzanie et au Bénin auront bénéficié d’une éducation supérieure ou universitaire. Ces faibles niveaux de l’enseignement supérieur rendent impossible non seulement d’embaucher des enseignants qualifiés pour la prochaine génération, mais aussi pour le personnel des centres médicaux et cliniques dotés de professionnels de santé dûment formés : autant d’échecs qui perpétuent le cycle apparemment sans fin d’une mauvaise éducation, d’une mauvaise santé, du chômage et de la pauvreté.
Bien sûr, quelques pays africains comme l’Algérie, le Nigeria et l’Egypte, pourraient aller contre de telles tendances. Mais même en Afrique du Sud (qui est actuellement pays le plus avancé d’Afrique), 10% des jeunes adultes tout au plus auront des diplômes supérieurs ou universitaires en 2045.
Pendant ce temps, au Pakistan, une campagne de sensibilisation menée par Malala Yousafzai vise à augmenter la part de jeunes adultes bénéficiant d’une éducation de troisième cycle , qui en 2010 représentait à peine 7%. Mais les progrès sont timides : en 2045, cette part ne devrait pas dépasser 15%. Le Népal devrait connaître une croissance plus rapide de l’enseignement supérieur, mais sa base inférieure signifie que le niveau de 2045 sera probablement d’environ 16%.
Même une importante économie émergente comme celle de l’Inde progressera seulement de 11% entre 2010 et 2045, atteignant seulement 23%, bien en deçà du niveau suggéré par la réputation mondiale de ses établissements d’enseignement supérieur. Pendant ce temps, à Singapour, en Corée du Sud et au Japon, la part de jeunes adultes ayant des diplômes supérieurs ou universitaires atteindra 80% à 90%.
Les inégalités vont se creuser
L’hypothèse selon laquelle le développement économique et le progrès technologique vont inévitablement augmenter les chances pour tous n’est guère plus qu’un vœu pieux. En réalité, à moins qu’un effort concerté ne soit fait, la distribution des opportunités éducatives (et donc économiques) sera de plus en plus inégale dans les années à venir.
Mais la vraie fracture ne divise pas les personnes éduquées et non éduquées. Elle passe entre ceux qui ont un accès à l’éducation et ceux qui en sont dépourvus. Ces populations longtemps négligées continueront de mettre sous pression les gouvernements et les organisations internationales, jusqu’à ce que le droit fondamental de chacun à l’éducation soit respecté. Et la prochaine étape de leur campagne se déroulera devant l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, où des centaines de jeunes représentant tous les pays, se rassembleront pour exiger des réformes de la part des dirigeants mondiaux.
A l’heure de la rentrée des classes dans le monde entier, la communauté internationale devrait renouveler son engagement et faire en sorte que chaque enfant, partout, ait une chance d’y être formé.
Gordon Brown, ancien Premier ministre du Royaume-Uni, envoyé spécial de l’ONU pour l’éducation mondiale.

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/

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Un fonds humanitaire d’éducation d’urgence

La communauté internationale a besoin d’un fonds humanitaire d’éducation d’urgence pour permettre aux enfants déscolarisés, en période de crise, de retrouver le chemin de l’école.
Dans un monde idéal, à chaque fois que des enfants auraient besoin d’aide, ils l’obtiendraient. Lorsque des filles et des garçons seraient chassés de leur foyer ou de leur école à cause de la guerre, d’une catastrophe naturelle ou d’une autre crise, la communauté internationale mettrait sur pied, en l’espace de quelques jours, un plan pour garantir leur bien-être immédiat. De tels plans ne comprendraient pas seulement des interventions pour leur sauver la vie, mais également des havres de soutien psychologique et d’enseignement qui permettent aux chances et à l’espoir de perdurer. De tels endroits existent : ce sont des écoles.
Assurer l’éducation des enfants même dans les cas d’urgence
Malheureusement, notre monde est loin d’être idéal. Lorsque les enfants ont besoin d’aide, les jours deviennent des semaines et des mois. Des centaines d’enfants désespérés deviennent des milliers, puis des millions. L’espoir cède la place à une misère durable – pas pour quelques mois ou même une année, mais en moyenne pour plus d’une décennie. Ces enfants sont exclus des écoles, privés de toute perspective d’avenir et condamnés à vivre dans des conditions intolérables – obligés à travailler ou à mendier, vendus en mariage, victimes du trafic d’êtres humains, enrôlés dans des gangs ou recrutés par des extrémistes.
Ce qui s’est passé ces dernières années au Soudan du Sud, dans le nord du Nigeria et en Irak – comme en Jordanie et au Liban, où des centaines de milliers d’enfants syriens réfugiés se voient refuser la possibilité de retourner à l’école – prouve de toute évidence la nécessité qu’il y a à créer un nouveau fonds humanitaire permettant d’assurer une éducation dans les cas d’urgence. La situation au Liberia, en République de Guinée et en Sierra Leone liée à l’épidémie d’Ebola – où les écoles accueillant cinq millions d’enfants restent fermées ou ne rouvrent que lentement – plaide également en faveur d’un tel fonds. Le Yémen et le Tchad seront probablement les prochains pays à traverser une crise.
Dans tous ces pays et quelle que soit la situation, l’avenir des enfants dépend de notre capacité, en tant que communauté internationale, à agir. Les Objectifs du Millénaire pour le développement engagent la communauté internationale à assurer l’éducation primaire pour tous d’ici la fin 2015. Le chiffre officiel d’enfants non scolarisés est pourtant de 58 millions. Et une fois que les enfants ne sont plus scolarisés, pendant un an ou plus, il est rare qu’ils retrouvent le chemin de l’école.
1% des fonds humanitaires consacrés à l’éducation
L’ensemble des solutions possibles souffre toutefois d’une grave déficience. En 2014, 1 pour cent seulement des fonds humanitaires a été consacré à l’éducation, avec pour conséquence que des millions d’enfants et de jeunes sont livrés à eux-mêmes dans la rue ou désoeuvrés dans des camps. Et il n’existe aucun mécanisme pour financer l’éducation des enfants réfugiés ou victimes de catastrophes.
Il y a bien sûr de nombreuses organisations, dont le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), l’UNICEF et plusieurs autres qui, ensemble, mènent une action héroïque. Et d’autres organisations, notamment le Partenariat mondial pour l’éducation, le projet Educate a Child de la Cheikha Mozah du Qatar et la Coalition mondiale des entreprises pour l’éducation contribuent également en période d’urgence. Mais ce chiffre notoirement insuffisant de 1 pour cent signifie que le monde ne s’est pas donné les moyens de faire en sorte que plus d’une minuscule fraction des enfants concernés bénéficie de l’aide dont ils ont besoin.
La solution doit être basée sur un simple principe de compassion : aucun enfant ne doit être privé d’un avenir simplement parce que les adultes ne sont pas capables de coopérer. Il faut donc mettre sur pied un système d’éducation d’urgence qui prévoit d’allouer un financement adéquat aux agences onusiennes et aux ONG opérationnelles sur le terrain au début d’une crise – et pas des années plus tard.
Situation insensée au Liban
La situation au Liban depuis deux ans est un exemple qui illustre mon propos. Le pays compte aujourd’hui 465.000 enfants syriens réfugiés. Le gouvernement libanais a proposé d’accueillir ces enfants dans les écoles du pays en établissant une deuxième session de cours l’après-midi et en sollicitant les enseignants et les maîtres d’école prêts à assumer le surcroît de travail. Les autorités ont en outre été confrontées à la tâche difficile de convaincre leurs citoyens, déjà divisés et inquiets de l’afflux de réfugiés (qui ont entraîné une augmentation de 20 pour cent de la population). Mais peu d’enfants réfugiés ont été inscrits.
L’UNICEF et le HCR ont mis au point un plan d’action avec le gouvernement libanais pour appliquer ce programme, mais la communauté internationale n’a pas suivi le mouvement. Les donateurs se sont engagés à hauteur de 100 millions de dollars, alors que 163 millions de plus sont nécessaires. Bien que le Partenariat mondial pour l’éducation et d’autres organisations aient souhaité contribuer, leur mandat ne leur permet pas de venir en aide à des pays à revenus intermédiaires comme le Liban.
Cette situation est totalement insensée. Le gouvernement libanais a un plan qui ne nécessite pas de nouvelles écoles ou infrastructures et qui est l’une des solutions à une crise de réfugiés ayant le meilleur rapport coût-efficacité possible. Et pourtant l’argent fait défaut.
Les mêmes circonstances prévalent au Soudan du Sud. Et dans le nord du Nigeria, les attentats répétés du groupe terroriste Boko Haram ont souligné la nécessité d’écoles sécurisées, malgré le manque de financement. De même, le massacre commis à l’école militaire de Peshawar au Pakistan le mois dernier a révélé à quel point de nouvelles mesures sont indispensables pour protéger les écoles et l’avenir des enfants.
A la lumière de ces crises, la communauté internationale doit reconnaître qu’elle ne peut plus se passer d’un fonds humanitaire pour l’éducation en situation d’urgence. En avril prochain, lors de la réunion annuelle de la Banque mondiale, j’appellerai à une action de la part des ministres présents et j’espère pouvoir annoncer la création d’un tel fonds lors du Sommet sur l’éducation pour le développement qui se tiendra à Oslo les 6 et 7 juillet prochain.
L’éducation, dit-on, ne peut attendre. Recueillir des fonds lorsqu’une crise survient n’est pas la solution. En 2015, nous devons faire mieux.
Gordon Brown / Ancien Premier ministre du Royaume-Uni
Traduit de l’anglais par Julia Gallin
Copyright: Project Syndicate 2015 – Plaidoyer pour un fonds d’éducation d’urgence

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Les conflits armés, obstacles majeurs à l’éducation pour tous

Pour des millions d’enfants dans le monde affectés par les désastres et les crises, le droit à l’éducation reste une promesse non tenue: 28 millions d’enfants sont non scolarisés dans les pays frappés par les conflits (UNESCO, 2011). Ils représentent la moitié des exclus de l’éducation de part le monde.

Lorsque les conflits atteignent les populations civiles, les effets sur les enfants et les systèmes éducatifs sont immédiats, en détruisant les infrastructures scolaires, affectant la scolarité d’enfants et déplaçant les familles d’élèves et les éducateurs mais aussi en aggravant l’insécurité et la paupérisation des familles.
Selon l’UNESCO, qui a dédié son rapport mondial de suivi de l’EPT de 2011 au sort des enfants et des élèves dans les pays en conflits :
– par rapport à l’ensemble des pays à faible revenu, la probabilité qu’un enfant ne soit pas scolarisé au primaire est multipliée par trois dans les États fragiles ou en situation de conflit.
– – – les taux de scolarisation au secondaire y sont inférieurs de près d’un tiers.
– – – les taux de mortalité infantile y sont deux fois supérieurs à ceux des autres pays.
Pire l’école, l’institution scolaire, notamment parce qu’elle représente l’Etat, est souvent la cible des violences dans les conflits armés, comme au Nigeria ou au Mali. Elle peut être « une fabrique », un lieu pris au piège par la propagande et source de recrutement de futurs soldats.
L’éducation est primordiale pour le retour à la paix, le processus de reconstruction d’un pays. On considère maintenant qu’il est crucial d’inclure l’éducation dans la planification et la mise en œuvre des interventions humanitaires. En effet, le retour à l’école même en situation de crise ou de post crise permet un retour à une forme de « normalisation » pour les enfants et permet de les protéger, physiquement, psychologiquement et socialement (notamment contre les trafics, l’exploitation économique, l’enrôlement forcé…). Elle donne un cadre stable, une structure et de l’espoir pour et dans l’avenir.
Plus durablement, une éducation de qualité contribue directement à la stabilité sociale, économique et politique des sociétés. Elle participe à réduire le risque de conflit violent en renforçant la cohésion sociale et en contribuant à la résolution des conflits et à l’édification de la paix.

Un défi : le financement de l’éducation en situation de crise
L’éducation dans les États fragiles et ceux touchés par le conflit souffre d’un sous- financement notable : ces pays reçoivent près de 4 fois moins d’aide à l’éducation de base par enfant en âge d’aller à l’école primaire que les autres pays à faible revenu. Se renvoient souvent dos à dos aide internationale humanitaire ou d’urgence et aide sectorielle à l’éducation.
Aujourd’hui, le Partenariat mondial pur l’éducation, seul fonds multilatéral pour l’éducation en fait une des ses priorités : notamment en allouant des fonds supplémentaires aux États fragiles ou en situation de conflit et en essayant d’améliorer la prévisibilité de ces financements.
Guerre au Mali : 2 ans déjà – plus d’un million d’enfants toujours exclus de l’éducation !
Voir le film : Rentrée scolaire 2013 post conflit au Mali
Aujourd’hui, au Mali, toujours plus d’un million deux cent mille enfants ne sont toujours pas scolarisés depuis la crise sociopolitique et sécuritaire majeure de janvier 2012. Ce court webdocu montre avec force les impacts de la crise sur le système éducatif malien mais aussi, comment aujourd’hui l’école malienne relève le défi de la normalisation malgré l’occupation et de la suspension de l’aide internationale.

Source : http://www.educationpourtous.com

Ecole_Comores_maeecha

Rentrée scolaire 2014 aux Comores

L’ONG Maeecha poursuit son travail auprès des familles comoriennes les plus en difficulté. Dans le Nyumakele, sa principale zone d’intervention, toutes les dispositions ont été prises pour bien accueillir les enfants lors de la rentrée scolaire. C’est d’ailleurs dans cette région, où la rentrée scolaire était prévue le 8 septembre 2014, que les conditions semblaient réunies pour une bonne rentrée des classes, contrairement aux autres régions de l’archipel où la rentrée scolaire a été jugée mitigée par la presse. En effet, les élèves ne se sont pas présentés dans les différentes écoles, craignant un appel à la grève des enseignants.

Les élèves de l’ECMA, jour de la rentrée

A l’Ecole Communautaire Maeecha (ECMA), l’ambiance était au rendez-vous. Les élèves, les encadreurs pédagogiques et les enseignants se sont bien mobilisés pour cette rentrée. L’ECMA a enregistré 248 nouveaux élèves inscrits dans les classes maternelles et primaires dont 126 filles contre 122 garçons.

Le service pédagogique de Maeecha était présent pour accueillir ces enfants afin de les aider moralement à affronter la nouvelle année scolaire. Tous les élèves inscrits à l’ECMA bénéficient d’une prise en charge scolaire totale (frais de scolarité, fournitures scolaires, mutuelle de santé, cantine scolaire, …). Le souci de Maeecha est de faciliter l’accès à tous les enfants comoriens à l’école et de garantir une éducation de qualité à tous les enfants.

Rentrée des classes à l’ECMA

Une opération de collecte de fonds pour venir en aide aux enfants les plus démunis.

A Moroni, Maeecha a lancé deux opérations de collecte de fonds pour venir en aide aux élèves de l’école primaire de Moroni Djomani. Ces opérations se sont déroulées pendant les mois de ramadan et des vacances. Elles ont permis à Maeecha de récolter 500 000 KMF destinés soit à l’achat de fournitures scolaires soit à la réhabilitation d’une salle de classe dont l’état de délabrement est tel que les cours sont interrompus en cas d’intempéries. Des discussions sont en cours entre Maeecha et la direction de l’école afin de déterminer précisément l’usage de ces fonds.

Les élèves de la maternelle

Des fournitures scolaires trop chères face au pouvoir d’achat du citoyen lambda.

Les fournitures scolaires ne sont pas à la portée des familles pauvres. Dans les librairies de la capitale, des files d’attente sont visibles. Kaissane Ali, originaire de Mbeni tout comme d’autres personnes, patiente depuis deux longues heures à la librairie « A la Page » pour acheter les fournitures scolaires à ses trois enfants qui sont au primaire et collège : « Nous n’avons pas le choix, nous n’avons pas d’aides sociales nous permettant de diminuer les coûts pour nos enfants à la rentrée scolaire. Si je devais payer toutes les fournitures scolaires de mes 3 enfants, je devrais débourser au moins 140 000 francs, ce qui est au-delà de mes capacités. Bientôt 3 mois d’arriérés de salaires ; comment je peux subvenir aux besoins de mes enfants ? » s’interroge-t-il.

Ces propos sont partagés par des milliers de familles comoriennes qui sont en difficulté et qui n’arrivent pas à mieux préparer la rentrée scolaire de leurs enfants. L’absence de structures et de programmes d’aides sociales aux familles mettent en danger les enfants comoriens dont la famille est vulnérable. L’année dernière, le gouverneur de l’Île Autonome de Ngazidja avait équipé gratuitement toutes les écoles primaires publiques de la Grande Comores en fournitures scolaires. Cette année, rien n’a été annoncé sur la pérennisation de cette belle initiative. Quant au soutien apporté par Maeecha, comme à l’accoutumée depuis bientôt 10 ans, les 13 000 élèves qui se sont inscrits dans les écoles du Nyumakele recevront leurs fournitures scolaires incessamment sous peu.

Nasser Youssouf, chargé de Com Maeecha

Pour en savoir plus : http://partage.org