Burkina Faso, Haïti, Les Comores, Népal….

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Le rôle de l’éducation dans un monde de 7 milliards d’habitants

L’impact de l’éducation sur la démographie est un fait largement connu et accepté. L’éducation des femmes et des filles, en particulier, a des effets positifs tout au long de la vie, notamment en termes d’augmentation des revenus et de réduction de la mortalité infantile et maternelle.

Non seulement elles sont mieux informées des méthodes de contraception, mais elles sont aussi plus déterminées à trouver un emploi et à lutter pour leur indépendance, ont des centres d’intérêt plus diversifiés et sont davantage conscientes de l’équilibre à trouver entre élever un enfant et avoir du temps pour elles-mêmes. Par ailleurs, les femmes qui ont fait des études souhaiteront qu’il en soit de même pour leurs enfants et préféreront avoir moins d’enfants de façon à ce qu’ils puissent bénéficier d’une meilleure éducation.

Cependant, l’éducation est elle-même affectée par la démographie qui est désormais considérée comme une variable essentielle de la planification de l’éducation. La croissance de la population, par exemple, peut peser d’un tel poids sur la loi de l’offre et de la demande dans l’éducation qu’elle peut finir par entraver les efforts déployés pour atteindre les objectifs de l’éducation. La croissance de la population a une incidence sur le nombre d’enfants à accueillir chaque année dans les établissements d’enseignement scolaire. Ce chiffre est d’autant plus grand que les taux de fécondité sont élevés, et peut considérablement compliquer le développement de l’éducation dans les situations marquées par des contraintes budgétaires et financières.

Dans un monde de sept milliards de personnes…

Dans un monde de sept milliards de personnes, l’UNESCO estime que tout le monde a droit à l’éducation. C’est la raison pour laquelle elle promeut une vision holistique de l’apprentissage tout au long de la vie qui comprend l’éducation de la petite enfance, l’éducation primaire, l’éducation secondaire et l’enseignement supérieur, les compétences professionnelles des jeunes et des adultes ainsi que l’alphabétisation – un droit essentiel et le fondement de l’apprentissage tout au long de la vie et de l’éducation des femmes et des filles.

L’UNESCO considère que l’éducation est la meilleure assurance contre la pauvreté. Elle souligne l’importance de l’éducation au service du développement humain durable et aide les pays à améliorer l’accès à l’éducation et sa qualité et à réduire les inégalités qui subsistent dans leurs systèmes éducatifs.

L’UNESCO salue les efforts des 75 millions d’enseignants pour offrir une éducation de qualité, et plaide en faveur de la formation et du recrutement de 2 millions d’enseignants supplémentaires pour que soient atteints les objectifs de l’Éducation pour tous d’ici à 2015.

L’UNESCO estime que l’éducation est le meilleur vaccin contre le VIH. En tant qu’organisation chef de file pour EDUSIDA, l’UNESCO soutient les programmes d’éducation au VIH qui apportent des informations précises et fiables sur la façon dont les personnes peuvent se protéger contre le VIH, les traitements et les soins qui peuvent être prodigués aux personnes séropositives.

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Amélioration de l’enseignement en Côte d’Ivoire

Amélioration de l’enseignement en Côte d’Ivoire : La Chine offre 400 millions pour la formation

Publié le mercredi 27 fevrier 2013 | Le Nouveau Réveil

Dans le cadre de la coopération entre l’Unesco et le gouvernement de la république populaire de Chine, un projet de coopération Sud-sud vient d’être lancé pour accélérer les progrès vers la réalisation des objectifs de l’Ecole pour tous relatifs à la qualité et des Omd relatifs à l’éducation. Ce projet Unesco-Chinese fund trust(Cft) financé à hauteur de 8 millions de dollar américain sur fonds en dépôt de la Chine soit près de 400 millions de Fcfa vise à l’amélioration de la formation des enseignants, afin de combler le déficit de qualité de l’éducation. Cet atelier qui se tient sur 5 jours a réuni autour d’une même table les experts du ministère de l’Education nationale et de l’Unesco a été ouvert hier. Soulignant l’importance de cet atelier pour l’école ivoirienne, Koné Raoul, directeur de cabinet adjoint du ministère de l’Education nationale, au nom de Kandia Camara, a reconnu que «Les résultats aux examens de fin d’année ne nous laissent pas de doute sur la faiblesse des performances de notre système (20 à 25%) de rendement. Le levier qui arrive en tête pour améliorer la qualité de l’éducation reste l’enseignant.» A cet effet, il a salué la tenue de ce projet qui vise à «améliorer la formation des enseignants pour améliorer la qualité de l’enseignement. C’est le défi que cet atelier entame et s’engage à relever». Il a rappelé les efforts de l’Etat ivoirien pour atteindre cet objectif notamment la construction de 36.000 nouvelles classes pour le primaire, de 99 nouveaux lycées et collèges, ainsi que la réhabilitation de 30.000 salles de classes. «C’est un projet novateur, audacieux qui vise à doter toutes les localités, y compris rurales, les plus peuplées, de collège de proximité. Cela doit permettre à au moins 80% des écoliers et surtout écolières du Cm2 d’aller en sixième. Pour la seule région productrice de cacao, Soubré, on estime à 3.176 le nombre de nouvelles classes de 6ème qu’il faudrait construire dès la rentrée scolaire prochaine pour recruter tous les admis au Cepe». Coulibaly Abdoul Wahab, spécialiste éducation de l’Unesco du bureau d’Accra, a présenté les atouts du projet qui permettront de soigner notre système d’enseignement.
Jean Prisca

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L’alphabétisation dans le monde

Près de 775 millions d’adultes, dont l’écrasante majorité sont des femmes, ne savent ni lire, ni écrire…Cette infographie produite par les Nations Unies nous permet de nous faire une idée de la réalité et des enjeux de l’alphabétisation dans le monde…

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Enfants des rues au Népal

Le Népal, considéré par l’OCDE comme un « pays moins avancé », compte 42% de la population sous le seuil de pauvreté. Malgré la fin de dix années de conflit entre les guérilleros maoïstes et le gouvernement, une partie de la population, en majorité infantile, est toujours déplacée à l’intérieur du pays et survit dans les centres urbains. 5000 enfants vivent quotidiennement dans les rues des plus grandes villes du pays, dont près de 1500 à Katmandou, la capitale.

Beaucoup ont quitté leur famille pour fuir une situation difficile : alcoolisme, maladie, extrême pauvreté, séparation ou décès des parents, nombre élevé d’enfants, violences familiales. 85% d’entre eux sont abusés sexuellement, 100% fument et 95% sniffent de la colle. Dans le but de réintégrer ces enfants dans la société et si possible dans leur famille, Partage soutient deux associations népalaises, CWCN et VOC, réunies sous le programme « Enfants des rues ». VOC (Voice of Children) et CWCN (Child Watabaran Center Nepal) contribuent à sortir les enfants de la rue et à leur offrir des perspectives d’avenir. Elles luttent principalement contre les abus sexuels et les violences physiques comme psychologiques, la drogue, la malnutrition et l’alcoolisme de ces jeunes, tout en accompagnant les familles et en offrant un foyer aux orphelins et enfants de la rue.

Elles travaillent également en amont avec les communautés pour sensibiliser et prévenir les abandons des enfants. Leur objectif est la réinsertion familiale et sociale des enfants des rues. Sur le terrain, les éducateurs parcourent sans relâche les rues à la recherche d’enfants en danger. Le premier contact n’est pas toujours facile à instaurer car pour beaucoup, dont certains âgés d’à peine 5 ans, la confiance envers les adultes a été rompue. Par l’écoute, les éducateurs recréent progressivement ce lien de confiance : les jeunes peuvent se rendre dans les centres d’accueil temporaire qui offrent une écoute et un abri pour la nuit mais qui permettent aussi aux éducateurs le début de la mise en place d’un plan individuel.

Un service de santé mobile, avec l’appui de personnel soignant qualifié et d’anciens enfants des rues, existe également pour les situations d’urgence. Il s’agit de tenter de comprendre les causes de leur situation, avant d’envisager un plan pour une potentielle réintégration dans la cellule familiale. Quel meilleur environnement que celui de ses proches pour espérer grandir dignement ? Afin d’accompagner l’enfant dans ce processus, VOC et CWCN ont mis en place des centres de préparation à la réintégration. Par un accompagnement scolaire et une formation professionnelle, mais aussi par la médiation avec les familles, la réintégration sociale et familiale est possible. La détermination de tous est primordiale. Dans de nombreux cas, les éducateurs parviennent à faire réintégrer les enfants. S’il y a un rejet des parents, les associations prennent alors le jeune totalement en charge jusqu’à ce qu’il soit complètement autonome. Dans tous les cas, les jeunes sont accompagnés de façon dégressive, pour trouver un appartement, un futur emploi tout en poursuivant le processus de réintégration familiale. L’association accompagne le « projet de vie » de chaque jeune, pendant toute la durée de sa présence au centre et même après. Nos partenaires sont une chance de quasi renaissance pour ces enfants.

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L’héritage de Gandhi est encore très présent

Tous autant qu’ils sont, les grands hommes du sous-continent indien – Rabindranath Tagore,  Mohandas Gandhi et Amartya Sen – ont évoqué la nécessité d’une éducation holistique centrée sur la paix et le développement personnel. Cet idéal pourtant centenaire va trouver un écho à travers les objectifs d’un nouvel Institut de l’UNESCO.

L’Institut Mahatma Gandhi d’éducation pour la paix et le développement durable (MGIEP) – dont l’inauguration aura lieu à New Delhi d’ici la fin de l’année – sera le dernier élément d’une longue série d’initiatives qui nous rappellent à quel point l’héritage de Gandhi est encore très présent.

« Si nous voulons parvenir à la paix réelle dans ce monde, et si nous voulons vraiment combattre la guerre, nous devrons commencer par les enfants. » Ces mots ont été pris à cœur par deux adeptes du Bapu (« père ») de l’Inde, fondateurs de la City Montessori School – lauréate en 2002 du Prix UNESCO de l’éducation pour la paix – qui est l’une des nombreuses incarnations des propos de Gandhi. En effet, la philosophie au cœur de l’école est de transformer les élèves « en bons êtres humains, en bons membres de leurs familles, en bons membres de leur communauté, en bons citoyens de leur pays, et en bons citoyens du monde », grâce à une éducation à la tolérance et à la paix la plus complète possible.

Les enfants sont également au cœur de différents programmes. Par exemple, pendant l’été 2011, les ateliers artistiques « La paix sans frontières » ont rassemblé des enfants d’Inde, du Bangladesh et du Pakistan. S’inspirant des poèmes de Rabindranath Tagore et de Faiz Ahmad Faiz, ils ont réalisé une peinture murale sur le thème de la paix, et participé ainsi au programme de l’UNESCO « Rabindranath Tagore, Pablo Neruda et Aimé Césaire pour un universel réconcilié ».

Gandhi considérait que « la pauvreté est la pire forme de violence », et de nombreux programmes éducatifs en cours joueront un rôle essentiel pour aider des millions d’Indiens à sortir de la pauvreté. Le gouvernement indien a lancé un vaste programme d’alphabétisation de 5 ans, Saakshar Bharat, qui s’adresse à 70 millions d’analphabètes dont la plupart sont des femmes. Parallèlement, de nombreuses ONG indiennes ont adopté des approches novatrices. À Tilonia, le Barefoot College, un partenaire de l’UNESCO, est la seule école au monde exclusivement réservée aux personnes qui n’ont bénéficié d’aucune éducation formelle. Le Barefoot College est explicitement établi sur les principes de service et de durabilité, chers à Gandhi. Nirantar, une association de femmes de l’Uttar Pradesh, a remporté le Prix d’alphabétisation UNESCO du Roi Sejong après avoir aidé des femmes vivant dans un milieu rural et appartenant à des castes inférieures à produire et à distribuer un journal bimensuel distribué à plus de 20 000 lecteurs récemment alphabétisés.

Selon le Rapport mondial de suivi sur l’Éducation pour tous 2010, bien que l’Inde soit encore assez éloignée des six Objectifs de l’EPT, elle a de fortes chances de parvenir à l’éducation primaire universelle et à l’égalité des genres dans le primaire d’ici à 2015.

Il est opportun qu’une institution placée sous les auspices de Gandhi incarne les principales valeurs qu’il a enseignées et vécues au quotidien : le respect des droits humains, l’égalité, la tolérance, les échanges pacifiques et la compréhension, l’autonomie, l’auto-responsabilisation, et une relation plus équilibrée avec l’environnement.

Fort d’un soutien puissant et d’une vaste mission, l’Institut perpétuera l’héritage de Gandhi, et le transmettra aux générations futures.

Education Sector

©Gandhi phtosfree- Gandhi Reading after spinning

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Education en Afrique : meilleurs progrès jamais réalisés

Jamais l’Afrique n’a réalisé d’avancées aussi importantes en éducation dans une période aussi courte. Mais l’écart entre ceux qui ont l’accès à l’éducation et ceux qui n’ont pas reste trop important.

Les gouvernements en sont fiers et à juste titre. Telle est la conclusion du Rapport 2012 sur l’Education Pour Tous en Afrique subsaharienne qui sera présenté à Paris le 21 novembre 2012 lors de la Conférence mondiale sur l’EPT.

Ce rapport est le résultat de discussions organisées Durant la Conférence régionale EPT pour l’Afrique tenue du 16 au 19 octobre 2012 à Johannesbourg, Afrique du Sud.

« Il est généralement admis en Afrique que la dernière décennie la région a connu des progrès sans précédents dans le domaine de l’éducation”, indique Zulmira Rodrigues, Coordonnatrice Education au Bureau régional de l’UNESCO à Dakar.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes

  • Le taux net de scolarisation au primaire est passé de 58% en 1999 à 76% en 2010 tandis que l’index de parité en matière de genre a progressé de 0.85 à 0.93 au cours de la même période.
  • L’accès à l’enseignement secondaire a plus que doublé passant 20.8 millions à 43.7 millions grâce aux efforts d’Education Pour Tous de la décennie.

Peu de pays atteindront les objectifs

Cependant, en dépit de ces réalisations remarquables au niveau global, très peu de pays en Afrique subsaharienne atteindront les objectifs d’Education Pour Tous 2015 fixés par la Communauté internationale lors du Forum mondial sur l’Education tenu à Dakar en 2000.

Bien que les perspectives soient positives en ce qui concerne l’Enseignement Primaire Universel et l’égalité genre, les défis demeurent lourds au niveau des autres 4 objectifs à savoir l’Education et la Protection de la Petite enfance, les compétences des jeunes et des adultes, l’alphabétisation des adultes et la question de qualité.

Ici aussi les chiffres sont explicites:

  • 31 millions d’enfants hors du système éducatif
  • 35% de jeunes n’ont pas accès au secondaire ou à une formation technique qualifiante
  • 163 millions d’adultes sont analphabètes

 

En termes de qualité, la situation est préoccupante:

  • 36% des enfants en Afrique de l’Est et Afrique Australe atteignent le niveau minimum requis en compétences mathématiques contre 43% en Afrique du Centre et de l’Ouest
  • A la fin du primaire, 35% des enfants en Afrique de l’Ouest et du Centre acquièrent le minimum requis en lecture contre 64% en Afrique de l’Est et Afrique Australe.

Disparités régionales

“Les écarts sont trop grands et avec une assistance internationale à l’éducation en baisse, les ressources disponibles sont tout simplement insuffisantes pour les combler » commente Rodrigues. “Une action urgente est nécessaire pour améliorer la qualité de l’éducation en Afrique subsaharienne ».

La conférence de Johannesbourg a permis à environ 150 participants de 34 pays africains rassemblés, de réfléchir sur les réalisations, de discuter sur les défis et d’engager un processus d’identification des domaines d’intervention possibles au cours de trois années restant avant l’échéance.

Ils ont aussi entamé une réflexion sur les implications de l’agenda post 2015.

Par ailleurs, ajoute Rodrigues, ce fût l’opportunité aussi de constater la diversité existante au niveau des régions et en leur sein.

« Nous ne pouvons pas continuer à considérer l’Afrique comme un tout uniforme. Pour l’Afrique, Il est nécessaire d’avoir un agenda éducatif à objectifs diversifiés pour prendre en compte les spécificités » dit elle.

Priorités pour accélérer les progrès

Les participants ont convenu que des efforts additionnels sont nécessaires d’ici l’échéance de 2015 et ont identifié les priorités suivantes pour accélérer ce mouvement:

  1. Tous les pays ont choisi la qualité comme étant un des domaines d’intervention pour les trois années et la majorité d’entre eux ont souligné la nécessité de se focaliser sur les enseignants.
  2. Les différentes régions ont déterminé des priorités spécifiques : Pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique Australe il s’agit de l’Education et de la Protection de la Petite enfance tandis que l’Afrique de l’Ouest et du Centre a choisi d’intervenir de centrer ses efforts sur l’objectif toujours non atteint de l’Enseignement Primaire Universel.

Concernant la définition de l’agenda éducatif post 2015, les pays Africains ont retenu les priorités globales suivantes:

  • Tous les pays considèrent la qualité comme étant la priorité majeure pour l’Agenda post 2015.
  • La plupart d’entre eux se placent dans un contexte d’une vision élargie de l’éducation de base pour tous qui devrait partir d’une année de la maternelle au cycle de l’enseignement secondaire inférieur.
  • Un bon nombre de pays place le développement de compétences des jeunes, orienté vers le monde du travail, comme la priorité suivante pour le développement de l’éducation pour le moyen et le long terme.
  • Et enfin, compte tenu de leur situation actuelle, les pays de l’Afrique Central accordent aussi une grande importance à l’amélioration de l’accès.

 

 

Des ressources en baisse

Il a été recommandé la mise en place de comités multipartites régionaux et sous-régionaux de coordination EPT en consonance avec les structures éducatives intergouvernementales de l’Union Africaine et des Communautés Economiques Régionales (CER) aux niveaux continental et régional.

A cet égard, l’alignement de la Seconde Décennie de l’Education en Afrique avec les objectifs EPT est vivement souhaitée.

« Il est nécessaire de mettre davantage de ressources à la disposition des pays pour soutenir leur effort vers l’EPT 2015 » ajoute Rodrigues.

Les Ministres Africains de l’éducation ont accueilli positivement l’initiative du Secrétaire Général des Nations Unies « L’Education avant tout ».

Ils ont toutefois noté la baisse de l’aide extérieure à l’éducation dans le sillage de l’actuelle récession économique. Ils ont appelé les partenaires au développement à respecter les engagements de la Communauté internationale à soutenir l’EPT.

21.11.2012 – UNESCO Office in Dakar

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Haïti : l’éducation, une urgence

    • 1 adulte sur 2 ne sait ni lire, ni écrire.
    • 1 enfant sur 3 n’a pas la chance d’aller à l’école.
    •  Des enseignants peu formés : 1 enseignant sur 10 a le profil suffisant requis.
    • Des classes surchargées
    • 6 classes sur 10 ne sont pas tenues dans des écoles, mais des bâtiments à autre finalité.
    • 1 élève sur 2 en retard scolaire par rapport à son âge : l’âge moyen pour passer l’équivalent du baccalauréat est de 21 ans.

« En dépit des efforts publics et privés pour essayer de combler l’énorme retard éducatif du pays et son grave déficit de qualification technique et professionnelle, les indicateurs sont toujours aussi inquiétants dans ce domaine ». Rapport PNUD, 2002. « Une autre source de préoccupation sociale soulevée par le rapport est le rythme de la progression démographique qui donne chaque année plus d’ampleur aux besoins sociaux de base. »

Le système éducatif haïtien
Le système de l’éducation se divise en 4 niveaux : le préscolaire (maternel) ; le primaire ; le secondaire et le niveau universitaire. Le système éducatif est majoritairement privé : les ¾ des élèves.
Les récents résultats positifs en matière de scolarisation primaire ont été essentiellement enregistrés dans le privé : 47 % d’élèves scolarisés en primaire en 1993 contre + 67% aujourd’hui. Les frais de scolarisation sont donc élevés et le déclin de l’enseignement public, généralement gratuit, affecte davantage les familles les plus pauvres. L’enseignement privé, quant à lui, n’est pas homogène, les frais de scolarité se fixent par la loi du marché et il y a peu d’informations sur la qualité des établissements. Dans le secondaire, on enregistre la même distribution public- privé.
L’Etat haïtien intervient peu au niveau de la construction et de l’équipement des écoles et paradoxalement, est plus présent au niveau du paiement des salaires des enseignants.
Une augmentation sur les vingt dernières années des taux de scolarisation dans le primaire et le secondaire est à noter surtout dans les zones rurales, ainsi qu’une tendance à l’égalité filles/garçons dans les classes.
Mais cette amélioration ne peut effacer les chiffres encore alarmants de l’éducation en Haïti où 1/3 tiers des enfants ne sont toujours pas scolarisés et où la loi de l’obligation scolaire est trop souvent contournée.
Le taux d’alphabétisation à l’âge adulte est de 50,8 % en 2001, soit un pourcentage d’alphabétisés inférieur au taux de l’Afrique (61%) et bien inférieur à sa moyenne régionale de l’Amérique latine de 88%.
Malgré une hausse de la fréquentation scolaire, le niveau des élèves est faible : les redoublements sont fréquents et la moyenne d’âge des élèves est élevée : 70% des élèves commencent à accéder à l’école à l’âge de 9 ans. Le niveau des enseignants est lui aussi très faible (25 % ont un niveau égal ou inférieur au niveau de la 4ème année du secondaire) car il n’y aucune vérification de l’Etat sur les diplômes, les contenus reçus lors des formations et surtout faute de moyens humains et financiers.

 http://www.solidarite-laique.asso.fr/

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72 millions d’enfants non scolarisés

DANS LE MONDE, 72 MILLIONS D’ENFANTS NON SCOLARISES soit 1 enfant sur 5 ! 38 millions en Afrique Subsaharienne 15 millions en Asie du Sud et de l’Ouest. Toujours près 774 millions d’adultes analphabètes dans le monde (soit 1 sur 6),  64% sont des femmes.
L’éducation est le deuxième objectif du Millénaire pour le Développement

Après le premier objectif de faire disparaître l’extrême pauvreté et la faim, le second revendique le droit à une éducation primaire pour tous les garçons et filles d’ici 2015. Quant au troisième, il veut promouvoir l’égalité des sexes et éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaires et secondaires d’ici 2015.
Depuis 2000 (Forum mondial de l’Education pour tous de Dakar…), les états ont fourni des efforts notamment dans le cadre de la Campagne Mondiale pour l’Education et plus de 30 millions d’enfants ont pu être scolarisés. Cependant, on sait d’ores et déjà que l’école primaire universelle, premier des Objectifs du Millénaire, ne sera pas atteint d’ici 2015 !
Alors que l’école est la clé du développement…

L’éducation est un élément clé du développement d’un pays : elle permet de réduire la mortalité infantile, d’améliorer la santé et la nutrition, elle a une influence très sensible sur la baisse de la croissance démographique, etc. Elle permet à chacun, d’être à même d’exercer son rôle de citoyen… L’éducation des filles est un facteur déterminant  de développement d’un pays, or la majorité (3/5) des enfants privés du droit d’aller à l’école sont des filles. Car chaque fille qui ne pourra aller à l’école sera privée toute sa vie de nombreuses possibilités (entres autres, de mieux exercer ses droits, de veiller au bien-être et à la santé de ses enfants…)  et ce gaspillage de potentiel se répercutera sur sa famille, sur la société et les générations à venir…

La faiblesse des budgets d’éducation

L’Etat joue un rôle bien plus important dans l’économie et l’éducation dans les pays à niveau de développement humain élevé (en Amérique du Nord et en Europe occidentale, 5,2 % du PIB est consacré à l’éducation) que dans les pays à faible développement humain (en Asie de l’Est, dans le Pacifique et en Afrique subsaharienne, de 3,9 à 3,3 % du PIB). Selon l’UNESCO, atteindre un accès universel à l’école primaire d’ici 2015 dans les pays en développement et en transition coûterait 9 milliards de dollars supplémentaires par an. Les pays riches dont la France doivent assumer leur part de financement (et doubler leur niveau actuel de financement au travers de l’Aide Publique au Développement).
De plus, près de 55 pays en développement ont de vrais besoins matériels : bâtiments et installations, fournitures scolaires… afin d’être en mesure de scolariser l’ensemble des enfants.
La rémunération des personnels enseignant et administratif est le premier poste des dépenses de fonctionnement de l’enseignement, ce qui évince d’autres dépenses notamment celles pour le matériel pédagogique.
Cependant, les conditions de travail, de recrutement et de rémunération des enseignants posent problème dans de nombreux pays du Sud et ont pour conséquence une véritable « crise » du métier avec le gel d’embauches de fonctionnaires, le recrutement de contractuels (à niveau BEPC) 2 à 3 fois moins bien payés que les enseignants titulaires… et avec des conséquences sur la qualité de l’enseignement.
Cette qualité est un réel enjeu aujourd’hui (et est un des Objectifs de l’Education pour tous de Dakar) notamment « retenir » les élèves en classe et leur permettre d’achever un cycle complet d’étude. Car sur 10 enfants qui entrent en primaire en Afrique subsaharienne, 4 abandonnent en cours de scolarité et sur les 6 qui arriveront en fin de cycle, seulement 3 auront acquis les fondamentaux.
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L’école en Inde

Une loi difficile à appliquer quand 12 millions d’enfants travaillent.

Une jeune écolier pose avec ses livres au foyer de jour de Jamghat, près de la Grande Mosquée dans la Vieille Ville de Dehli.
Une jeune écolier pose avec ses livres au foyer de jour de Jamghat, près de la Grande Mosquée dans la Vieille Ville de Dehli.
Crédits photo : Amit Bhargava/Corbis for Le Figaro

Depuis le 1er avril, l’éducation est devenue un «droit fondamental» pour des millions de petits Indiens. Vœu pieu ou véritable révolution ? La nouvelle loi qui vient d’être adoptée par le Parlement de New Delhi ne sera pas facile à mettre en œuvre. Pour autant, elle est historique. Elle vise à garantir un enseignement gratuit et obligatoire à tous les enfants âgés de 6 à 14 ans, dans un pays où au moins 10 millions d’entre eux n’ont jamais vu une salle de classe. «Ce sont les chiffres du gouvernement. En réalité, en Inde, entre 70 et 80 millions d’enfants en âge d’être scolarisés ne vont pas à l’école» , s’indigne le responsable d’une ONG. Il se fonde sur le nombre de gamins qui travaillent dès l’enfance : officiellement ils seraient 12,6 millions, âgés de moins de 14 ans ; mais ils sont beaucoup plus nombreux, dit-il. Comment les envoyer à l’école ? Souvent, ce sont les familles elles-mêmes qui s’y opposent. Parce qu’un «salaire» de plus, si maigre fût-il, ça aide à vivre. Alors, même si on leur offre de payer la scolarité de leurs enfants, cela ne les intéresse guère.

 

Une élève récite l'alphabet dans l'école de matri karuna Vidyalaya à New Dehli.
Une élève récite l’alphabet dans l’école de matri karuna Vidyalaya à New Dehli.
Crédits photo : Amit Bhargava/Corbis for Le Figaro

 

La nouvelle loi a été portée sur les fonts baptismaux par le premier ministre, Manmohan Singh, lui-même issu d’un milieu très modeste. «J’ai étudié à la mauvaise lumière d’une lampe à kérosène, a lancé cet économiste chevronné en présentant le projet de loi. Je suis ce que je suis grâce à l’éducation, voilà pourquoi je veux que la lumière de l’éducation touche tous les enfants de ce pays.» Cette loi doit «assurer l’accès à l’éducation à tous les enfants, quels que soient leur sexe et leur milieu social» , a-t-il ajouté.

 

Écoles privées très sélectives

 

Le coût du projet est estimé à quelque 3 milliards d’euros sur cinq ans. Un fardeau à répartir entre l’État central (55 %) et les États régionaux (45 %). Les leaders de certaines régions font grise mine, et plusieurs ont déjà annoncé qu’ils n’avaient pas les moyens de cette noble ambition. Avec, en tête, Mayawati, la truculente Chief Minister de l’Uttar Pradesh, l’État le plus vaste, le plus peuplé et l’un des plus pauvres de l’Union indienne. On aurait pu imaginer qu’elle comprendrait : elle aussi a étudié dans des conditions difficiles. Issue de la communauté des dalits (hors-castes), elle veut être le porte-parole des plus démunis… Mais elle préfère faire ériger des statues à sa propre gloire que construire des salles de classe.

 

La loi vise aussi à garantir un enseignement de qualité à tous les enfants. Pour l’heure, c’est loin d’être le cas. L’accès à des écoles dignes de ce nom reste le privilège des happy few. Tandis que les établissements publics sont souvent très médiocres, avec un absentéisme des enseignants battant tous les records, les écoles privées ont un excellent niveau. Mais elles sont très chères. Extrêmement sélectives, elles sont aussi très pointilleuses sur le pedigree des élèves qu’elles accueillent… Or la nouvelle loi oblige les écoles privées à réserver 25 % de leurs capacités aux enfants pauvres. Le gouvernement leur a promis une compensation financière, mais elle ne sera sûrement pas aussi lucrative que les droits d’admission et de scolarisation déboursés par les parents aisés. «Les chefs d’établissements privés sont furieux, ils savent qu’ils ne recevront de l’État que des cacahuètes», résume un journaliste du quotidien économique Business Line.

 

Doute sur l’intégration

 

Een Inde, entre 70 et 80 millions d'enfants en âge d'être scolarisés ne vont pas à l'école.
En Inde, entre 70 et 80 millions d’enfants en âge d’être scolarisés ne vont pas à l’école.
Crédits photo : Amit Bhargava/Corbis for Le Figaro

 

Et même si les «économiquement faibles» s’assoient sur les mêmes bancs que les riches, le miracle de l’intégration aura-t-il lieu ? L’analyste P. N. V. Nair en doute. «Ce sera là le problème essentiel. Imaginez un peu le fils d’un industriel en train de partager le même banc qu’un slumdog ! Aucun des deux ne se sentira à l’aise. Et les parents riches pourraient cesser d’envoyer leurs enfants dans ces écoles» , lance-t-il.

Il y a pire. Nombre de sceptiques prédisent d’ores et déjà que cette énième loi restera lettre morte. Comme les autres, disent-ils, pointant du doigt le Child Labour Act, qui a interdit, il y a quatre ans, le travail des enfants. «C’était une très belle idée, mais la loi n’a jamais été appliquée, lâche, désabusé, Bhuwan Rhibu, l’un des responsables du Mouvement pour la sauvegarde de l’enfance. Tant que le travail des enfants existera dans ce pays, comment voulez-vous faire pour rendre l’école obligatoire ?»

Par Marie-France Calle Correspondante en Asie du Sud, Figaro International

Droit à l’Éducation dans le Monde

Aujourd’hui, l’éducation reste encore un droit inaccessible pour des millions d’enfants dans le monde. Plus de 72 millions d’enfants en âge de suivre l’école primaire ne sont pas scolarisés et plus de 759 millions d’adultes sont analphabètes et n’ont pas les connaissances nécessaires pour améliorer leurs conditions de vie et celles de leurs enfants.

Causes

Marginalisation et pauvreté

Si beaucoup d’enfants n’ont toujours pas accès à l’éducation, c’est notamment en raison des inégalités et des marginalisations qui persistent.

Tant dans les pays en développement que dans les pays développés, des enfants n’ont pas accès à l’enseignement de base, en raison d’inégalités fondées sur le sexe, la santé, et l’identité culturelle (l’origine ethnique, la langue, la région). Ces enfants se retrouvent alors en marge du système éducatif et ne bénéficient pas de l’apprentissage essentiel à leur développement intellectuel et social.

D’autres facteurs liés à la pauvreté, tels que le chômage, la maladie et l’analphabétisme des parents, multiplient par 2 les risques de non-scolarisation ou de déscolarisation d’un enfant.

En effet, beaucoup d’enfants issus de milieux défavorisés sont obligés d’abandonner l’école pour travailler et subvenir aux besoins de leur famille, ou en raison de problèmes de santé liés à la malnutrition.

Déficit financier des pays en développement

L’enseignement primaire universel constitue un enjeu majeur et un problème de taille pour de nombreux États.

Beaucoup de pays en développement ne disposent pas de suffisamment de ressources financières pour créer des écoles, fournir du matériel scolaire,  recruter et former des enseignants. Les fonds octroyés par la communauté internationale sont généralement insuffisants pour permettre à ces pays d’établir un système éducatif pour tous les enfants.

Le manque de ressources financières affecte également la qualité de l’enseignement. Les enseignants ne bénéficient pas des formations pédagogiques essentielles, et les écoles, en nombre insuffisant, ont des classes surchargées.

Ce sureffectif oblige les écoles à créer des classes où plusieurs niveaux scolaires se chevauchent, et qui ne permettent pas à chaque enfant de bénéficier d’un enseignement adapté à ses besoins et à ses capacités.Par conséquent, dans ces pays, les taux d’abandon et d’échec scolaire restent encore très élevés.

État des lieux du droit à l’éducation dans le monde

Régions les plus concernées

La pauvreté et la marginalisation ont pour conséquence la non-scolarisation de plus de 72 millions d’enfants dans le monde.

L’Afrique subsaharienne est la région la plus touchée avec plus de 32 millions d’enfants non scolarisés en école primaire. L’Asie centrale et de l’Est, ainsi que le Pacifique, sont également très touchés par ce problème avec plus de 27 millions d’enfants non scolarisés.

 

Par ailleurs, ces régions doivent également remédier aux problèmes de pauvreté éducative (enfant scolarisé pendant moins de 4 ans) et de pauvreté éducative extrême (enfant scolarisé pendant moins de 2 ans).

Il s’agit essentiellement de l’Afrique subsaharienne, où plus de la moitié des enfants sont scolarisés pendant moins de 4 ans. Dans certains pays comme la Somalie et le Burkina Faso, plus de 50 % des enfants sont scolarisés pendant moins de 2 ans.

La non-scolarisation et la pauvreté éducative ont des effets négatifs sur les populations et les pays. Les enfants abandonnent l’école sans avoir pu acquérir les notions de base, ce qui freine considérablement leur développement social et le développement économique des pays.

Inégalité entre filles et garçons : l’éducation des filles en péril

Aujourd’hui, ce sont les filles qui ont le moins accès à l’éducation. Elles représentent plus de 54 % de la population non scolarisée dans le monde.

Ce problème se retrouve principalement dans les États arabes, en Asie centrale et en Asie du Sud et de l’Ouest et s’explique principalement par la préférence traditionnelle et culturelle accordée aux garçons. Les filles sont vouées à travailler au sein du foyer familial, alors que les garçons auront le droit de bénéficier d’une éducation.

 

En Afrique subsaharienne, plus de 12 millions de fillettes risquent de ne jamais être scolarisées. Au Yémen, c’est plus de 80 % des filles qui n’auront jamais la chance d’aller à l’école. Plus alarmant, certains pays comme l’Afghanistan ou encore la Somalie ne font aucun effort pour diminuer l’écart entre les filles et les garçons en matière d’éducation.

Même si de nombreux pays en développement peuvent se féliciter d’avoir réduit de manière spectaculaire l’inégalité entre les filles et les garçons en matière d’éducation, beaucoup d’efforts seront encore nécessaires pour parvenir à atteindre l’enseignement primaire universel.