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Enfants des rues au Népal

Le Népal, considéré par l’OCDE comme un « pays moins avancé », compte 42% de la population sous le seuil de pauvreté. Malgré la fin de dix années de conflit entre les guérilleros maoïstes et le gouvernement, une partie de la population, en majorité infantile, est toujours déplacée à l’intérieur du pays et survit dans les centres urbains. 5000 enfants vivent quotidiennement dans les rues des plus grandes villes du pays, dont près de 1500 à Katmandou, la capitale.

Beaucoup ont quitté leur famille pour fuir une situation difficile : alcoolisme, maladie, extrême pauvreté, séparation ou décès des parents, nombre élevé d’enfants, violences familiales. 85% d’entre eux sont abusés sexuellement, 100% fument et 95% sniffent de la colle. Dans le but de réintégrer ces enfants dans la société et si possible dans leur famille, Partage soutient deux associations népalaises, CWCN et VOC, réunies sous le programme « Enfants des rues ». VOC (Voice of Children) et CWCN (Child Watabaran Center Nepal) contribuent à sortir les enfants de la rue et à leur offrir des perspectives d’avenir. Elles luttent principalement contre les abus sexuels et les violences physiques comme psychologiques, la drogue, la malnutrition et l’alcoolisme de ces jeunes, tout en accompagnant les familles et en offrant un foyer aux orphelins et enfants de la rue.

Elles travaillent également en amont avec les communautés pour sensibiliser et prévenir les abandons des enfants. Leur objectif est la réinsertion familiale et sociale des enfants des rues. Sur le terrain, les éducateurs parcourent sans relâche les rues à la recherche d’enfants en danger. Le premier contact n’est pas toujours facile à instaurer car pour beaucoup, dont certains âgés d’à peine 5 ans, la confiance envers les adultes a été rompue. Par l’écoute, les éducateurs recréent progressivement ce lien de confiance : les jeunes peuvent se rendre dans les centres d’accueil temporaire qui offrent une écoute et un abri pour la nuit mais qui permettent aussi aux éducateurs le début de la mise en place d’un plan individuel.

Un service de santé mobile, avec l’appui de personnel soignant qualifié et d’anciens enfants des rues, existe également pour les situations d’urgence. Il s’agit de tenter de comprendre les causes de leur situation, avant d’envisager un plan pour une potentielle réintégration dans la cellule familiale. Quel meilleur environnement que celui de ses proches pour espérer grandir dignement ? Afin d’accompagner l’enfant dans ce processus, VOC et CWCN ont mis en place des centres de préparation à la réintégration. Par un accompagnement scolaire et une formation professionnelle, mais aussi par la médiation avec les familles, la réintégration sociale et familiale est possible. La détermination de tous est primordiale. Dans de nombreux cas, les éducateurs parviennent à faire réintégrer les enfants. S’il y a un rejet des parents, les associations prennent alors le jeune totalement en charge jusqu’à ce qu’il soit complètement autonome. Dans tous les cas, les jeunes sont accompagnés de façon dégressive, pour trouver un appartement, un futur emploi tout en poursuivant le processus de réintégration familiale. L’association accompagne le « projet de vie » de chaque jeune, pendant toute la durée de sa présence au centre et même après. Nos partenaires sont une chance de quasi renaissance pour ces enfants.