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Le mariage précoce, une pratique interdite par la charte africaine

La charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant est on ne peut plus claire sur le rôle que se doivent de jouer chaque pays sur cette question de lutte contre le mariage précoce.
« Les mariages d’enfants et la promesse de jeunes filles et garçons en mariage sont interdits et des mesures effectives, y compris des lois sont prises pour spécifier que l’âge minimal requis pour le mariage est de 18 ans et pour rendre obligatoire l’enregistrement de tous les mariages dans un registre officiel », stipule l’article 21 de ladite charte entrée en vigueur le 29 novembre 1999. Le lancement de la campagne nationale à Dori a été une occasion pour les différents intervenants dont les représentants coutumiers et religieux ; le représentant des partenaires techniques et financiers Marc Robin ; le représentant de l’Union africaine Olawale Maiyegum de prendre des engagements allant dans le sens d’un accompagnement accru des actions du gouvernement et des autres acteurs de la lutte contre le mariage précoce. En ce qui concerne l’action gouvernementale, le Premier ministre a annoncé l’élaboration en cours d’une stratégie nationale de l’élimination des mariages précoces au Burkina Faso pour la période 2015-2024 et d’un plan d’actions national triennal 2015-2017. Et de préciser : « Cette stratégie nationale servira de référentiel pour orienter et canaliser toutes les interventions au niveau du Burkina Faso. Le plan d’actions national quant à lui permettra une meilleure coordination, responsabilisation et capitalisation des actions menées sur le terrain par les différents acteurs et intervenants ».
80% des filles de 15 à 17 ans du Sahel sont mariées
Si elles sont bien menées et couronnées, les différentes initiatives annoncées devraient permettre, à défaut de l’éradiquer, de réduire le problème de mariage précoce ou de mariage d’enfant qui se pose avec acuité dans le pays, en particulier dans le Sahel, d’où le choix du chef-lieu Dori, pour le lancement de la présente campagne. Dans la région le taux de prévalence du phénomène chez les filles de 15 à 17 ans est estimé à 80% ; et environ 3/5 des filles de 10 à 17 ans se marient. De façon générale, au Burkina Faso, selon l’enquête démocratique et de santé de 2010, l’âge médian des femmes à la première union est estimé à 17,8 ans. Une situation qui a des conséquences énormes sur la santé (fistules obstétricales, naissances prématurées, infections sexuellement transmissibles ; l’éducation (abandon de l’école pour les tâches ménagères) ; l’employabilité (manque de qualification pour prétendre à des emplois décents) de la jeune fille burkinabè, ainsi privée de moyens d’épanouissement. Pour parvenir à changer une telle donne, l’implication de tous les acteurs y compris les leaders coutumiers et religieux s’avère plus que nécessaire. C’est pourquoi, à la veille du lancement de la présente campagne il y a eu à Dori une rencontre de plaidoyer avec les leaders coutumiers et religieux de la région. C’est le ministre de l’Action sociale et de la solidarité nationale, Nicole Angéline Zan/Yélémou, qui a présidé cette rencontre à laquelle ont participé d’autres acteurs de la lutte contre le mariage des enfants. Nous y reviendrons.
Source : Grégoire B. Bazié
Lefaso.net